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Et si l’on suivait l’exemple du Japon ?

Coronavirus : réflexions statistiques.

Qui croire, entre alarmisme et insouciance ?

samedi 14 mars 2020, par Lionel Labosse

Vous pouvez directement passer à mon journal de confinement, qui n’est pas le compte rendu de mes activités, mais la recension commentée des meilleurs articles que j’aie trouvés. Vous pouvez aussi aller directement à la fin de l’article, pour voir la dernière mise à jour.
Étonné de ne jamais trouver de comparaison entre les chiffres alarmistes du coronamachin et ceux de la bonne vieille grippe saisonnière, je m’étais livré début mars à une petite règle de trois, dont la suite des événements révéla la naïveté :
- La population de la Chine est 21 fois supérieure à celle de la France
- Le coronavirus a fait 3042 morts en Chine depuis son apparition en décembre je crois selon la carte interactive du Monde (calcul établi avec les chiffres du 7 mars).
- 3042 morts divisé par 21, cela donnerait 145 morts pour la France dans un délai de deux mois et demie.
Donc si j’extrapole : 145 morts au bout de deux mois d’épidémie là où les médecins au début ont découvert cette nouvelle maladie sans savoir quoi faire, avec un gouvernement autoritaire qui niait le problème : combien cela ferait de morts dans un pays où le virus arrive alors que nous y sommes hyperpréparés et que nos médecins bénéficient déjà des infos données par les tâtonnements de leurs collègues chinois qui ont trouvé les médicaments efficaces. De plus on entend dire que cette grippe, comme la saisonnière, devrait mécaniquement cesser au redoux.

Quant aux statistiques de la grippe saisonnière, j’ai trouvé 2000 à 2500 victimes par an en France sur ce site qui signale de fortes variations annuelles, et un pic à 18000 en 2014. Mais le chiffre fréquemment cité par Le Monde ou d’autres médias est plutôt 10 000 morts. Je m’étonne de n’avoir pas encore trouvé depuis le début de l’épidémie actuelle un article sérieux sur ces statistiques. Je le trouve enfin avec retard, mais daté du 6 mars sur Le quotidien du médecin, je cite : « Au passage, les nouvelles pour la grippe saisonnière au cours de l’hiver 2019-2020 ont été exceptionnellement bonnes avec seulement 52 morts à ce jour » (Laurent Lagrost).

J’avais envoyé donc début mars ce calcul par courriel à quelques proches, pour leur demander si je délirais, ou si je devais faire provision de pâtes et de riz, sachant d’ailleurs que traditionnellement au mois de mars depuis une quinzaine d’années, je fais une monodiète de riz pendant dix jours, ce qui nécessite l’achat de 3 kg de riz… Mon ami Erico Lusso, que les lecteurs du Mariage de Bertrand connaissent pour le spin doctor de Bertrand, mais qui pose aussi au whistleblower (lanceur d’alerte), m’a envoyé une réponse digne d’un journaliste d’investigation. Il a recoupé une somme impressionnante d’informations pour aboutir à la conclusion que oui, je délirais plutôt, voire je délirais grave, comme la suite l’a prouvé. Vu la difficulté de démêler les informations dans les médias mainstream qui délivrent des fake news sans même en être conscients tout en taxant les autres (les réseaux sociaux) de le faire, j’ai voulu publier cet article sur le vif, pour voir dans trois mois (si nous sommes encore vivants) si nous nous sommes mis le doigt dans l’œil. Je lui ai proposé de publier son courriel en en faisant un article, mais cet homme de l’ombre m’a donné carte blanche pour me l’approprier. Dont acte. Voici le résultat des cogitations d’Erico Lusso, spin doctor, whistleblower & ghostwriter. Vive la langue française ! Relu, corrigé, et augmenté de mes remarques, bien sûr. Donc pardon d’avance pour le côté un peu confus de ce qui suit. Voici un dessin de Julien Solé qui peut faire écho au confinement que nous allons bientôt expérimenter.

Dessin de Julien Solé : « Travail Famille Pâte riz ».

On peut comparer l’évolution du COVID-19 en France et en Chine, puisque le virus y a été confiné quasiment totalement dans la province du Hubei (60 millions d’habitants) [1]. On peut dire que grosso modo les 95 % de cas chinois sont dans le Hubei. La deuxième province touchée est le Henan avec quelque chose comme 1500 comparé aux plus de 80 000 dans le Hubei. Si le gouvernement chinois est parti en guerre contre le virus avec environ 3 semaines de retard – mettant le premier lanceur d’alerte au frais en passant et le laissant ainsi se disséminer par le monde, elle a par contre ensuite réagi par des mesures drastiques dans la province d’origine et anticipant sa progression dans le reste du pays. Du coup depuis quelques temps, les nouveaux cas n’étaient plus que dans le Hubei… jusqu’à ce que des touristes chinois reviennent d’Italie, d’Iran et peut-être de France, réimportant le virus. Mon propre tableau de référence est celui-ci.
Donc en échelle de valeur statistique, on pourrait comparer la France et le Hubei. Sauf que le contexte politique, géographique, notre structure démographique, nous rendent plus proches de l’Italie, sur qui nous avons sans doute une semaine de retard (4636 infectés testés et 197 morts au 7 mars). Bien entendu tous ces chiffres sont indicatifs, entre la transparence douteuse de certains régimes et la capacité à tester. Pas seulement la Chine dont certains témoignages remettent en cause l’image idyllique distillée actuellement de fléchissement de l’épidémie et de reprise de l’activité, mais par exemple l’Iran, qui après un début foudroyant de l’épidémie fauchant jusqu’aux plus hauts dignitaires, a selon toute évidence décidé désormais de fausser les chiffres pour ne plus alimenter une contestation grandissante [2], et l’Égypte, longtemps bloquée au score mesquin de 3 cas alors que les touristes en revenaient infectés par dizaines. La France est semble-t-il déjà débordée dans ce domaine.

On a pu lire par ailleurs que ce virus a été réévalué à un taux de létalité de 3,3 % contre 0,1 - 0,2 % pour la grippe saisonnière et un R.O., taux de contagiosité de 2 à 5 fois supérieur. Les spécialistes de ce type de virus évoquent les chiffres de 60-70 % de la population mondiale potentiellement touchée. C’est ce potentiel de plusieurs dizaines de millions de morts qui affole ainsi les autorités de ce monde, les marchés boursiers et le téléspectateur fidèle de BFM. On évoque le spectre de la grippe espagnole qui fit au bas mot 50 millions de morts (on ignore par exemple le nombre de victimes sur le continent africain.) Bien sûr, cela se déballonnera peut-être, espérons-le.

Mais on ne peut en tout cas comparer avec une simple grippette, qui serait sans doute quasi inexistante si l’on adoptait la moitié des mesures prises contre le COVID-19. D’où l’intérêt qu’il y aurait à publier en parallèle les statistiques quotidiennes comparées des deux virus, de façon à voir si les préconisations prophylactiques contre le virus SARS-CoV-2, cause de la maladie COVID-19, permettent aussi de faire baisser le nombre de contaminations à la grippe saisonnière.

Il y a enfin au-delà de la létalité du virus en question, 3,3 %, la létalité induite, il y a le fait tout aussi inquiétant voire plus inquiétant que 15 % des cas sont dits graves et demandent une hospitalisation. Avons-nous la capacité en lits, en accueil dans les hôpitaux, en médecins qui sont parmi les premiers touchés par le virus (toujours pas de masques FFP3 pour les professionnels de la santé). Des services de santés débordés, ce sont des morts en plus, et ce quelles que soient les pathologies concernées.

Quand tu écris que nous sommes hyperpréparés, me dit Erico avec son fiel typiquement lituanien, et que nos médecins bénéficient déjà des infos transmises par leurs collègues chinois, je n’ai pas de vraie info dans ce sens. On a pu parfaire le test grâce aux Chinois, l’on évoque (fake ou real news ? prochain marché noir après les masques et les gels hydroalcooliques ?) les bénéfices de la chloroquine, molécule utilisée dans le traitement du paludisme, et des antiviraux ou antirétroviraux tels que le Remdesivir et le Ritonavir. On peut aussi espérer la mutation du virus sous une forme plus bénigne ou… craindre la mutation inverse. Il faudrait environ 18 mois pour trouver un vaccin fiable.
Hyperpréparés ? Agnès Buzyn nous avait assurés un jour que le virus n’atteindrait pas la France, puis peut-être, puis sans doute, puis sûrement. Entre-temps, la situation était si peu préoccupante qu’elle partit à la conquête de Paris après le désistement de Benjamin Griveaux refilant le dossier brûlant à un bleu. Nous avions des dizaines de millions de masques en stock, et d’ailleurs nous avons envoyé 17 tonnes de matériel en Chine mi-février, et aujourd’hui on attend toujours les stocks. Il n’y aurait pas de pénurie ni de gel ni de masques dans les pharmacie ; l’un et l’autre sont désormais le plus souvent introuvables et objets de spéculation. Le choix des mesures de confinement – ici je t’interdis quelques milliers de coureurs à pied dans les sous-bois, là je t’autorise 60 000 supporters français mélangés à leurs acolytes italiens – montre surtout une navigation à vue et un arbitrage en faveur de l’économique. Ceci dit on peut arguer que tenter de retarder la paralysie économique n’est pas une politique forcément cynique. La récession tuerait elle aussi, d’une manière indirecte.
Il ne semble cependant pas y avoir eu de contamination lors du match de foot Lyon-Turin, et les centres de dissémination s’avèrent des plus inattendus : on aurait pu s’attendre à ce que les clubs échangistes et autres saunas gays soient des foyers number one, vu qu’on ne s’y touche pas que les mains, et dans ce cas la moitié des politiciens et journalistes français auraient déjà été infectés, mais macache, ce sont les conventions religieuses, qui plus est chrétiennes, en Corée ou en Alsace, qui amènent le plus de contaminations ! On va pas nous refaire le coup du fléau de Dieu, à moins que ce ne soit ce coup-ci pour punir les prêtres cathos d’avoir touché trop de boy-scouts ? De même les immigrants irréguliers qui ont parfois traversé l’Iran et vivent dans des conditions sanitaires déplorables devraient constituer des foyers de propagation idéaux, mais pour l’instant tout va bien comme dit l’autre. Mais Erdogan est malin de nous en envoyer une cargaison juste à ce moment-là. À propos, on fait toujours semblant de discuter de l’entrée de la Turquie dans l’UE ? Face au chantage d’Erdogan au déferlement des migrants l’UE s’apprête à casquer de 500 millions d’euros supplémentaires… de quoi l’aider à financer son occupation de la Syrie. Et dernière bizarrerie, les premiers cas se sont propagés ailleurs que dans les plus grandes villes de France. On pourrait aussi évoquer le fait qu’Air France a interrompu ses vols vers la Chine, mais que jamais les compagnies chinoises n’ont cessé d’atterrir dans nos aéroports. On verra si la Chine a le même souci des frontières ouvertes envers et contre tout, maintenant que c’est nous la « zone à risque ». On parle de stade 1, stade 2 et stade 3, mais ceux qui prennent le temps de lire ces mesures de prévention raisonnables planifiées en 2011 concluent qu’elles ne sont appliquées qu’en partie par le gouvernement. Au contraire de la grippe, du fait de notre ignorance du virus, on n’a qu’un protocole de soins primitif et aucun vaccin. Depuis la précédente épidémie de 2009-2010, où Roselyne Bachelot-Narquin avait fait commander par le gouvernement français 95 millions de doses de vaccin pour lutter contre la grippe A (H1N1) pour la bagatelle de 2,2 milliards d’euros, c’est-à-dire en dix ans, aucun ministre de l’Éducation n’a signé un décret pour rendre obligatoire l’installation de lavabos avec savon dans les restaurants scolaires. Dans le bâtiment flambant neuf du lycée où je travaille actuellement, cantine inaugurée en 2019, c’est le cas, comme dans l’établissement vieillot où j’ai passé huit ans auparavant. Certes il y a des lavabos partout ailleurs dans le lycée, mais pas un des énarques du ministère ne se souvient que quand c’est l’heure du déjeuner, on se rue à la cantoche pour éviter de faire la queue. Alors on ne prend pas le temps de se laver les mains. Le mieux serait pourtant de le faire juste avant de manger, après avoir pris son plateau, non ? Et puisqu’on est dans le domaine de l’éducation, je ne résiste pas à l’envie de publier cette photo prise le 6 mars 2020 dans une salle de classe de mon lycée. Ce sont les nouvelles corbeilles écolo, avec un petit trou pour les détritus et une fente pour le papier (alors qu’il y a déjà de grandes corbeilles réservées au papier). Inévitablement on arrive à cela, qui contribue à la saleté ambiante. Des crétins très vaguement inspirés par la vague écolo en ont eu l’idée, ont vite fait contacté d’autres crétins dans des usines, et moyennant quelques pots de vin, ce modèle de corbeille mal conçue et coûteuse s’est répandu de façon virale, au lieu des bonnes vieilles corbeilles à papier légères que j’avais pris l’habitude de faire circuler dans la classe façon corbeille à aumônes, geste devenu impossible dorénavant vu le poids de l’ustensile prétendument « écolo », c’est-à-dire onéreux, lourd, inefficace, contre-productif et nuisible. Un peu à la façon des affiches de la Marseillaise que l’on doit à la crétinerie des députés LR (la concurrence fait rage dans la politicaillerie française).

Corbeille « écolo » dans un lycée public parisien en 2020.

Dans la piscine parisienne que je fréquente quotidiennement, on a installé dans les douches voici quelques années de beaux distributeurs de savon liquide à l’effigie de la ville, désespérément et systématiquement vides ou cassés depuis des mois… mais dans les lavabos, les distributeurs de savon sont pleins. Les ministres de l’Éducation ou des sports ont bien des réformes inutiles et coûteuses à faire, et ne peuvent se soucier de choses si triviales que de savoir si les moutards peuvent se laver les mains. Par contre, pour faire diffuser dans le métro des messages rappelant qu’il faut se laver les mains, là ils sont au top, alors que les aéroports de Paris ont décidé d’arrêter ce bourrage de crâne. Hier vers une heure du matin au métro Notre-Dame de Lorette, pendant que ce message me cassait les oreilles, mes yeux avaient le spectacle suivant : une toxico clocharde black baissait sa culotte et urinait (ou chiait, car j’étais de l’autre côté, je voyais juste son devant) sur le quai. Sur le quai. Et même avec du beurre, Marlon Brando se serait abstenu d’en faire son quatre-heures. Ce type de population, ou d’autres tout aussi ragoûtants, squatte à demeure certaines stations de métro, ce qui vous interdit, si vous tenez à un minimum d’hygiène, d’utiliser les sièges. Ne croyez pas qu’Anne Hidalgo ne fasse rien en cette période de propagation du virus : le 18 février 2020 était dévoilé, je cite, « Urilift, ce modèle d’urinoir insolite, installé place des Abbesses ». L’urinoir design et coûteux permettra, je cite, de pisser aux hommes et aux femmes, et même de se laver les mains. Ah ! bravo Madame Anne Hidalgo, je vais voter pour vous. Mais lisons la fin de l’article : le couteux édifice « sort de terre dès 19 h et jusqu’au petit matin grâce à sa structure déployable ». Ah bon, en pleine épidémie on finance un gadget super cher dont le but est d’empêcher les gens de se laver les mains pendant la journée et de les encourager à continuer à pisser dans le métro. Sachant que l’on s’enorgueillit d’être la ville du monde accueillant le plus de touristes et que grâce à Madame Anne Hidalgo et toutes les nullités qui l’ont précédée à ce poste, nous sommes la grande ville du monde où il y a le moins de toilettes. Le touriste chinois ou italien porteur de coronavirus ainsi que le « migrant », voire le bouseux de province ou le banlieusard, est obligé, pour suivre les préconisations qu’on lui serine dans le métro, de consommer dans un café. Et rassurez-vous, les papelards de ses rivaux dans le XVIIIe pour les élections municipales de la semaine prochaine que j’ai reçus dans ma boîte, ne proposent que de la cosmétique bobo. Ça ne fait pas bien, évidemment, de se plaindre de la présence de ces gueux dans le métro, comme le hurlent les otaries en robe de soirée de la cérémonie des Césars, mais en attendant, tous les parents des grandes villes tant soit peu responsables ont dans ce bouillon de culture que sont les transports en commun en France, une méga-raison de préférer utiliser une voiture individuelle polluante qui permet en outre de respecter la distance de sécurité de 1 m. Allez expliquer ça aux écolo-gauchistes ! Enfin, ma priorité personnelle sera de virer les sortants à coups de pied au cul (ce n’est pas Erico Lusso qui m’a soufflé ça !)
Peut-être que le redoux nous libérera de ces craintes, sans certitude aucune. On peut prendre espoir sur le déclin de la contagion dans le Hubei, mais au prix de mesures terriblement contraignantes. Ces mesures sont difficilement envisageable dans une démocratie peuplée d’indisciplinés et gouvernée par des mondialistes orthodoxes, et pire, au prix d’un véritable hara-kiri économique. On notera cependant le travail remarquable effectué à Singapour, à Hong Kong et au Vietnam qui bien que beaucoup plus exposés que nous au départ ont enrayé presque totalement le développement du virus. De même, touché depuis bien plus longtemps, le Japon résiste beaucoup mieux. Nous venons de les dépasser dans l’ampleur du nombre d’infections (653 cas, 9 morts contre 420 cas, 6 morts au 7 mars). À moins bien sûr que les chiffres publiés soient faux de façon à préserver l’organisation des Jeux Olympiques à l’été 2020. Que font-ils font que nous ne faisons pas ? Mon cher Erico, moi qui suis allé dans ces pays, je te suggère la réponse : dans la plupart des pays asiatiques, et le Japon en est l’exemple le plus radical, on ne se touche pour se saluer ni les mains, ni les joues, et même les amoureux retiennent leurs gestes. Et dans ces pays, notamment au Japon, l’usage est établi depuis des lustres de porter un masque lorsque l’on est infecté de quoi que ce soit. Il n’y a pas besoin de les matraquer de messages dans le métro. Voir ce cours sur les salutations. En revanche en Chine, on se serre volontiers la paluche, comme expliqué sur ce site. Pour populariser les salutations asiatiques, on pourrait suggérer que dans leur prochain calendrier « Dieux du stade », les rugbymen adoptent des poses semblables à celle-ci, wai thaïlandais, courbette nippone, brouette vietnamienne, etc.

« Pierre-Louis Barassi salue le personnel de l’hôtel des Bleus à Kumamoto, le 10 octobre 2019 ».
Photo de Franck Fife / AFP, Le Monde.

Et le Japon est le pays le plus propre du monde, ce n’est pas la porcherie qu’est devenue Paris. Or se saluer par une courbette et trouver à tous les coins de rues, dans le moindre village, dans toutes les stations de métro, des toilettes propres, entretenues plusieurs fois par jour, où l’on peut aussi se laver les mains, est moins couteux et plus créateur d’emplois utiles et non délocalisables que d’encourager les gens à acheter en masse du gel machin truc. Chassez le capitalisme par la porte, il revient par la fenêtre. Tu as raison de pointer ce fait, mais comment se fait-il que les politiciens ne l’aient pas encore remarqué, ni les journalistes ? Si les ministres prenaient l’initiative, et l’exhibaient, de se saluer à la japonaise (ou à la militaire, pourquoi pas ?), et cela aussi au niveau international, ils contribueraient sans doute davantage à la lutte contre l’épidémie qu’en encourageant la vente de gels. En ce qui me concerne, je l’ai mis en place (le salut japonais) au boulot cette semaine, mais la majorité des collègues prennent ça à la légère, oubliant leurs obligations de fonctionnaires. Pour 2,2 milliards d’euros, combien de toilettes gratuites et propres pourrait-on installer en France ? Je ne parle pas des sanisettes Decaux qui constituent un scandale écologique (pour un simple pipi, consommation d’eau, d’électricité et de produits de nettoyage). Dans l’urgence, ne peut-on prendre un décret obligeant les bars, restaurants et services publics (mairies, marchés, gares…) d’ouvrir leurs toilettes à tous gratuitement ? Comment se fait-il qu’aucune circulaire européenne n’impose à chaque collectivité locale de plus de 2000 habitants en UE, l’installation de tant de toilettes et lavabos gratuits par tête de pipe ? Et puisque la mode est au féminisme, ne pourrait-on en profiter pour résoudre la vieille inégalité de traitement entre hommes et femmes en instituant un ratio entre toilettes et urinoirs pour que les femmes puissent aussi pisser pendant l’entracte au théâtre.
Aujourd’hui, face au mystère africain et à la gravité désormais seulement estimable du cas iranien, l’Europe de l’Ouest Italie et France en tête, est devenue le nouveau centre de la contagion, la principale zone à risque. Pour l’Afrique, on ignore la réalité de la situation mais il y a des chances que dans les pays chauds la grippe ne se transmette pas, sauf retour de voyage d’un pays tiers, car on nous annonce la fin de l’épidémie avec le redoux. Les pays tempérés de l’hémisphère sud peuvent s’attendre à avoir leur tour en juin.

Quel qu’en soit l’aboutissement, cette épidémie aura révélé les failles d’un monde globalisé hyperconnecté face à un virus plus létal. La quasi totalité de nos médicaments sont fabriqués en Chine. On a donc sacrifié notre indépendance et notre sécurité nationale, pour quelques euros de marge supplémentaire. On se gaussait au début de la crise de ces hôpitaux que la Chine construisait en une semaine, mais nous sommes incapables de redémarrer une petite production industrielle localisée de masques ou d’antalgiques quand cela se révèle urgent.
En septembre 2019, face à déjà des problèmes de pénurie pharmaceutique, Édouard Philippe avait chargé Jacques Biot, l’ex-président de Polytechnique, du soin de réfléchir aux moyens de relocaliser la production de certains médicaments critiques au sein de l’Union Européenne (pas même en France précisément). À peine deux mois après il était nommé administrateur chez Huawei France pour un salaire colossal. Quand la crise sera terminée, comme après l’effondrement financier de 2008, on dissertera sur les réformes et amendements nécessaires, et l’on s’empressera de ne rien faire.

Pour conclure, je ne sais pas si tu délires, ce qu’il faut craindre ou pas (en tout cas hélas une récession économique), je suis après tout un hypocondriaque patenté (c’est Erico Lusso qui parle). Mais je crois que toi et moi, au-delà de nos cas personnels, quinquagénaires bien portants, on peut tout au moins un peu flipper, juste un peu, pour nos parents.
C’est à eux que je pense ainsi qu’à tous les seniors quand je lis ici et là, hélas très souvent, des variations sur le mode « tout ça n’est pas bien grave, il faut arrêter de paniquer, il n’y a que les vieux qui meurent », sous la plume immonde de gens qui se croient d’ailleurs peut-être humanistes luttant ici et là, pour des causes plus à la mode… que celle des vieux. C’est Erico Lusso qui le dit. Quant à moi ayant pour parents un dur qui a « fait » l’Algérie, et une dure dont la mère a « fait » centenaire, c’est pas un vulgaire virus fût-il coronarien, qui va leur « faire » la peau ! Quant à l’ami Robert Vigneau, armé de ses 86 balais, il torée crânement la bête dans ce billet.

- En ce qui concerne la question que tout le monde se pose mais que personne ne traite, de savoir si le savon est plus efficace (et moins couteux) que le gel hydroalcoolique, l’OMS s’en désintéresse, mais sa page de conseils est quand même à lire ; quant à Doctissimo, dans un article paru en octobre 2019, il fait état d’une recherche menée par des chercheurs japonais qui conclurait en faveur du savon… Va savoir !

- Je ne modifie pas les chiffres de l’article ci-dessus, mais je fais le point le 12 mars. La chancelière allemande annonce que 70 % de la population sera infectée. En Italie, on constate selon cet article du 10 mars que les médecins sont appelés à des choix cornéliens pour intuber une personne plutôt qu’une autre. Le nombre de lits d’hôpitaux est un indicateur clé, et là encore, le Japon fait la course en tête devant la Corée ; disons qu’il a la structure hospitalière correspondant au vieillissement de sa population. Mais ce qui compte en l’occurrence dans la crise actuelle, ce sont surtout les lits en soins intensifs, et ce n’est pas le même chiffre… Je vous propose donc cette variante du dilemme du tramway qui se pose sans doute en Italie tous les jours, et se posera en France d’ici à quelques jours : « Supposons que vous dirigiez un service d’hôpital, et que vous n’ayez plus qu’un lit en soins intensifs. Vous devez choisir aux urgences entre deux patients à intuber : le citoyen Roman Polanski, à jour de ses cotisations, 86 ans, très atteint, risque mortel, ou Jamal, érythréen de 25 ans, arrivé depuis un mois en France après être passé par l’Iran où il a été infecté, 0 € de cotisation, très affaibli par son trajet, asthmatique, à intuber d’urgence comme le précédent sous peine de mort. Qui choisissez-vous ? J’ajoute que Jamal est fort beau garçon, que votre meilleur ami gay menace de mettre fin à ses jours si vous ne le sauvez pas, et que vous êtes fan de Adèle Haenel… »
Bon, plaisanterie mise à part, j’en viens cyniquement à me demander si, compte tenu du risque de manque de place en soins intensifs, il ne serait pas préférable de s’infecter volontairement le plus vite possible, pour passer avant les autres ? À moins que cette maladie n’immunise pas, et qu’on puisse la choper une seconde fois ?
- Voici deux longs articles repérés par Erico Lusso, dus à Marc Wathelet, docteur en science, spécialiste des coronavirus humains, publiés par Le Journal du médecin le 28 février, puis par Le Libre Belgique le 7 mars 2020 : « Lettre ouverte à Maggie De Block et « Face à sa propagation exponentielle, des mesures extrêmes s’imposent ». Du premier article, je tire une réponse vague à la question ci-dessus : « il y a des patients guéris qui ont été réinfectés ». Ces articles sont longs, précis et inquiétants, mais il vaut mieux savoir et prévoir…
- Voici une page exhaustive sur la question des masques de protection, et tous les conseils pour fabriquer soi-même des masques en tissu. Quant aux menteurs patentés qui comme Les Décodeurs prétendent que les masques faits maison seraient, je cite, une « fausse bonne idée », ils oublient de préciser si, quand on éternue et qu’on se trouve avoir un de ces masques fabriqués en bricolage par un de ces vulgaires gilets jaunes qui savent coudre, il faut ôter le masque et éternuer dans son coude, puis remettre son masque ? Bref, si on est en guerre, alors tout le monde fabrique des munitions, non ? D’ailleurs ces Décodeurs reçoivent une rafale le 22 mars, et c’est pas trop tôt, par un certain Brice Pedroletti du Monde qui enfin semble avoir découvert le fil à couper le beurre, c’est-à-dire ce par quoi j’ai commencé le présent article le… 7 mars : « Le dénigrement du masque en Europe suscite la consternation en Asie ». Ben oui mon pote, et le dénigrement du traitement à l’hydroxychloroquine pratiqué dans Le Monde, et toutes ces innombrables fake news publiées dans Le Monde et reprises en chœur par la presse autorisée depuis le début de l’épidémie… D’après vous, feront-ils leur mea culpa, une fois la crise surmontée ? J’attends toujours une photo d’un de nos politiciens portant un masque de protection. Si Macron, au lieu de tancer son peuple style « ce que j’ai vu ne m’a pas fait plaisir les enfants », faisait une allocution télévisée ou une sortie filmée avec un masque, cette image seule pourrait sans doute sauver des vies en exhortant les gens à en faire autant plutôt qu’à suivre les conseils absurdes de l’OMS de « tousser dans son coude ». Plus le temps passe, plus je me dis que quand tout ça sera fini, il y aura des procès en rafale du type « procès du sang contaminé ».

- Le 17 mars, publication d’une entrevue anonyme du professeur Didier Raoult apparemment datée du 17 mars. Voici le commentaire que nous en propose Erico Lusso :
« Ses remarques sont bien entendu recevables, y compris sa phrase sur le fait que la mortalité ne sera pas plus grande que d’habitude, après tout, ce sera peut-être vrai, jusqu’à la dernière partie, où il lie notre surmortalité actuelle en France, Espagne et Italie à notre politique de confinement. Là par contre, il est malhonnête intellectuellement, au sens où le confinement actuel a été décidé dans les 3 pays cités au moment où la mortalité et plus important, les hospitalisations, décollaient. Cela correspondait conjointement à des prévisions modélisées de mortalités exponentielles (« Coronavirus : les simulations alarmantes des épidémiologistes pour la France ») et des portions de territoire dont la capacité d’hospitalisation sous respirateur a déjà atteint son maximum. Même si par exemple la même modélisation laisse espérer des scenarii plus optimistes, nous sommes contraints de prendre en compte le pire, soit un demi-million de morts et d’agir en conséquence (confinement). Mais notre mortalité actuelle n’est pas causée par notre confinement, que l’on vient juste de commencer d’ailleurs ici.
Comme dit Bourdieu, il faut savoir d’où l’on parle, et comme il le reconnaît lui-même, Raoult parle d’un hôpital qui pour l’instant n’a vu que très peu de coronavirus. C’est dommage d’ailleurs parce que c’est lui aussi qui pilote le traitement prometteur à la chloroquine, et s’il réussit, il pourra se permettre toutes les arrogances.
J’ai déjà entendu la référence scientifique au Diamond Princess qui offre en effet une sorte de parfait laboratoire « toutes choses égales par ailleurs », avec donc une contagiosité exponentielle et une mortalité raisonnable, si l’on peut se permettre d’écrire ça. Sauf que la capacité hospitalière japonaise mise à disposition pour les malades qui en étaient évacués était colossale et d’un niveau qualitatif exceptionnel. On n’a donc pas là la donnée « engorgement des capacités hospitalières », qui est absente de ce modèle presque parfait.
Taiwan, 22 millions d’habitants, 1 seul mort, a pratiqué le confinement total et policier (et la fermeture des frontières) dès que la maladie a effleuré le sol. À ma connaissance, Hong Kong a réagi avec les mêmes méthodes drastiques. Le Vietnam avait fermé ses écoles dès le premier cas. Dans la plupart des pays du sud-est asiatique, voire le voisin russe, on a fermé les liens frontaliers et aéroportés avec la Chine dès le départ, et l’on a pratiqué des formes de confinement plus ou moins strictes, en amont. Nous agissons en aval, tardivement. Nous n’agissons pas : nous réagissons.
Restent le Japon et la Corée. Je ne vais parler que de ce que je connais. La Corée (à l’image de ce que l’Allemagne a d’ailleurs tenté de faire depuis) a beaucoup testé, testé plus que n’importe qui au monde, parfois au hasard, et le malade identifié était ensuite suivi en amont comme en aval dans le moindre de ses déplacements par tous les moyens technologiques à disposition (caméras, téléphone, drones). L’on déterminait et isolait ainsi les circuits de contamination, sans avoir à confiner la population, juste les contaminés contaminants. Par contre, par ce flicage absolu, on a mis au grand jour l’adultère et « outé » la sexualité et autres secrets de famille des coronavisés. Il semble qu’Israël, assis sur le savoir-faire du shin-beth, entame une lutte contre le coronavirus selon les mêmes méthodes d’espionnage du citoyen. Lire « En Corée du Sud, des tests massifs pour endiguer le coronavirus » sur Le Monde.
Quoi qu’en dise Raoult, même dans le cas coréen, on n’est pas non plus dans le cadre d’une lutte « normale » contre un virus. Là où il a raison, c’est qu’à un moment donné on aurait pu et dû développer notre capacité à tester massivement, comme le fait notre voisin allemand.
Après, au bout de tout cela, et de cette épreuve de confinement qui nous sera certes très dure, oui espérons-le, il n’y aura peut-être « que » quelques milliers de morts…
- à ce propos, le site Santé Corps Esprit de Xavier Bazin, propose des réflexions régulières, et semble très favorable aux recherches du Pr Didier Raoult. Sauf qu’il ne faut pas s’emballer, et que, comme l’a rappelé un médecin-chercheur à la télévision le 18 mars, « Les médecins chinois ont 3 mois d’avance sur nous, ils ont utilisé tout ce qui leur tombait sous la main, dont la chloroquine, les résultats semblaient peu concluants, d’autant que c’est un médicament qui a des effets secondaires cardiaques importants. On attend donc que le professeur Raoult publie ses résultats pour que la communauté scientifique, dans son ensemble, le critique. Ce n’est qu’au bout de ce processus critique qu’un protocole de soins peut-être validé et aboutir à son éventuelle systématisation ». L’article du jour de Marc Wathelet publié sur Le Journal du médecin, « COVID-19 et immunité collective, un pari aux conséquences catastrophiques », met en garde contre l’attitude des gouvernements néerlandais et britannique.
Pendant ce temps-là, aux premiers jours de confinement, un voisin de l’immeuble d’en face de chez moi avait trouvé une façon radicale de prendre l’air sans risque d’être contaminé. Je n’ai pas osé l’appeler pour éviter qu’il ait un destin à la Coupeau, mais j’ai fini par le reconnaître le lendemain où il a tourné son regard vers le levant… La prochaine fois, promis, on chantera en (sacré) chœur : « Tu verras Montmartre ! ».

Confinement parisien, mars 2020, XVIIIe arrondissement.


- Le 19 mars, publications d’un brûlot de Frédéric Lordon sur Le Monde Diplo : « Les connards qui nous gouvernent ».
- Dernière nouvelle du 20 mars, Erico Lusso serait contaminé, ainsi que son épouse, diagnostic par téléphone en l’absence de test. On leur souhaite un prompt rétablissement, en attendant notre tour.

- Le 21 mars, je fais mon 2e jogging de confinement, une heure sans problème, mais à l’intérieur de mon arrondissement parce que ma promenade le long des canaux est désormais impossible, et la circulation réduite à néant rend l’air aussi respirable qu’au bord de l’eau. Sinon, j’ai dû faire face à la vision érotique la plus torride depuis 8 jours de confinement solitaire : un clochard éthylique atteint d’éléphantiasis s’est baissé devant moi pour refaire ses lacets, et son survêtement Tati gris marbré de marron a laissé apparaître sous son T-shirt Plate-forme du bâtiment troué, 1 cm de la raie de ses fesses certes couvertes d’un eczéma érythémateux, mais quoi : nous sommes en guerre !

- Le 22 mars, un voisin me transmet une autre intervention du Professeur Raoult, devant son équipe, datée du 16 mars, commentée le 18 mars par Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé et expert en santé publique, et confirmée par le Quotidien du médecin le 18 mars. Le 22 mars, la une du Monde préfère continuer à étaler uniquement les nouvelles alarmistes, et il faut chercher en tout petit sur la page d’accueil du Figaro un article faisant état de timides espoirs et utilisant toujours dans son titre le mot « chloroquine » plutôt que « hydroxychloroquine » : « Coronavirus : un essai clinique européen débute avec notamment la chloroquine ». Je vous conseille de lire les commentaires de médecins sur l’article de leur journal, vous verrez que le médecin de base semble plutôt moins réticent à utiliser ce remède de grand-mère qui ne vaudra certes aucun prix Nobel à ceux qui l’ont toujours gardé dans leur placard… Hourrah, le 22 mars au soir, le directeur général de la Santé Jérôme Salomon cite Didier Raoult et nomme l’hydroxychloroquine dans son point quotidien. Le hic, c’est que l’ignoble Donald Trump a réagi plus vite et a imposé des essais de la molécule aux États-Unis, or il est clair que si Donald Trump déclarait qu’il aimait les éclairs au chocolat, plus aucun intellectuel bobo digne de ce nom ne mangerait d’éclairs au chocolat. Donc n’ébruitons pas cette nouvelle !

Jair Bolsonaro, président du Brésil, portant un masque.
Le Figaro, 23 mars 2020.


- Le 23 mars, Le Figaro publie la 1re photo que je repère personnellement, d’un chef d’État portant un masque. Il s’agit de Jair Bolsonaro, président du Brésil, donc irresponsable, populiste et Om mani padme hum, mais le type porte un masque, nom de dieu ! Ce n’est que le 31 mars que je tombe dans un article du Figaro sur une photo de Macron avec un masque, très étonnamment légendée « Emmanuel Macron lors de sa visite de l’hôpital militaire de Mulhouse », le 25 mars 2020, sans qu’aucun élément sur la photo ne prouve ce contexte. Bizarre, bizarre ce délai de 6 jours entre une photo et sa publication dans ce contexte de course contre la montre. Mais comme je n’ai pas la télé, peut-être y a-t-on montré des images de ce grand moment !

Délinquant masqué de retour d’un jogging à Paris en plein confinement le 24 mars 2020.


- Le 24 mars entre 12 h et 13 h, je fais mon 3e jogging de confinement, une heure. J’en profite pour livrer en catimini à mon ami Erico Lusso un flacon de contrebande d’huile essentielle, déposé sur son paillasson, en épiant bien si la police ne va pas intercepter ce trafic. Hier, faisant longuement la queue devant le Monoprix du quartier, qui donne sur une grande avenue, j’ai comptabilisé le passage d’innombrables traînards ne prenant aucune précaution, se « checkant » en se touchant le maximum possible les mains, postillonnant à voix haute le plus près possible des gens qui faisaient la queue au péril de notre vie, qui la plupart portaient des masques et fermaient leur gueule, s’efforçant d’aspirer le moins de postillons possible. Le soir, notre dictateur annonçait la fermeture des marchés, constatée aujourd’hui même dans notre marché de l’Olive pourtant l’un des plus clairsemés de la capitale (sans laisser aux commerçants le temps de vendre leur stock, histoire de mieux les mettre à genoux). Résultat : pour acheter des produits de qualité inférieure, nous devrons nous mettre davantage en danger, exposés à ces personnes qui n’ont rien à perdre et que la police a peur de contrôler, d’autant plus que la police est sans doute comme toujours intéressée au rendement : tant par contravention payée, donc la police ne contrôle que les… joggers solvables, et pas les innombrables traînards, dangereux à contrôler. Sommes-nous encore en démocratie ? Qui proteste contre cet abus de pouvoir et ces discriminations ? Et je ne parle pas des mourants privés de la présence de leurs proches et autres traumatismes. Je m’attends pour ma part à être contaminé un jour ou l’autre, et je ne sais pas ce qui adviendrait de moi si, seul dans mon appartement, je tentais de joindre le 15 prêt à étouffer et que le 15 ne réponde pas. Vous allez me dire « urgence » ; certes, mais je constate avec dépit que le nombre de politicards concentrés uniquement sur le volet répression est incroyablement supérieur à ceux qui s’interrogent et se bougent le cul pour la distribution de masques, de gel, la production de tests et leur disponibilité, la production d’hydroxychloroquine, etc. Je n’ai pas été contrôlé, avec mon attestation inchangée sur le site du ministère, cela alors que les journaleux de France Inter annoncent joyeusement qu’il « faudra écrire l’heure de la sortie » sur le document, comme si une phrase de journaliste valait article de loi. Je suis désolé, mais sur le site du ministère de l’intérieur consulté ce midi 24 mars, le document était le même, et n’exige ni écriture au stylo (donc j’écris au crayon de papier pour préserver la planète) ni heure de sortie. Et la photo ci-dessus prise au retour de cette balade est une preuve des précautions drastiques que je prends (masque, foulard, gants), pour moi mais aussi pour les autres. Si j’étais verbalisé pour cela, j’écrirais illico presto à tous les parlementaires de France pour crier à la discrimination et à l’abus de pouvoir. Je respecte par contre le bon sens : ma sortie n’a pas dépassé une heure, ni les limites de mon arrondissement (sauf une minuscule incursion dans le Xe). Je découvre sur Le Figaro une autre décision digne d’un régime totalitaire : interdiction de la vente d’alcool. Nous sommes « en guerre », mais sommes-nous encore en démocratie ?
- Le 25 mars, le nouveau papelard de sortie est excrété par les énarques des ministères, toujours à recopier à la main pour le lumpenprolétariat qui n’a pas d’imprimante en état de marche à la maison. Mon oncle, 85 ans, en reçoit des tas de photocopies par la mairie du village, aux petits soins pour les vieux, et n’a pas le temps de les user qu’on lui en apporte d’autres du nouveau modèle. Suggérons aux maires de récupérer les milliers de photocopies inutiles pour les envoyer dans les cités pour allumer les barbecues… et vive l’écologie ! Le document est d’une complexité excessive, et des phrases à rallonges et à incises sont incompréhensibles je pense pour 60 % de la population et pour 90 % des non-francophones, comme, je cite : « Déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, liés soit à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d’autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie » (phrase de 64 mots, le record de Proust est presque battu !). Mes étudiants de BTS ou de 1re technologique sont pour la plupart incapables de la comprendre, alors même que le conseil n°1 que je leur donne est de faire des phrases courtes, sujet-verbe-complément, en gros de la taille d’un alexandrin qui n’est pas pour rien le mètre étalon de la langue française : « Je vais à l’épicerie acheter à manger » (j’espère que vous appréciez le talent !). Il y a paraît-il une version en anglais, mais pour des Britanniques diplômés d’Oxford, pas pour des immigrés afghans qui baragouinent l’idiome. Les énarques qui pondent ce genre d’usine à gaz et ceux qui les signent, doivent sécher le cours de 21h30 du vendredi soir à l’ENA : « Connaissance et langage du peuple ». Et dire que RFI propose depuis 2001 un Journal en français facile… Seuls nos amis Suisses du Temps parmi les journalistes semblent avoir saisi le côté ubuesque de la situation (mais pas le fait que le but est surtout de se faire un pognon de dingue en rançonnant le citoyen solvable).
À la radio, toujours la même rengaine : 90 % du temps d’information est consacré aux mesures existantes ou imaginables d’interdiction, de répression, surtout pour les contribuables solvables, et si peu pour les traînards insolvables qui vous postillonnent à la bouche ou font vrombir leurs scooters le soir dans les rues. En ce qui concerne les informations positives (comment fabriquer des masques, quelles usines les fabriquent, peut-on passer les masques à la vapeur plutôt que de les jeter, en attendant qu’on en ait assez ; Va-t-on lancer des chaînes de fabrication d’hydroxychloroquine sans attendre les résultats des études complémentaires ? Combien de tests et de quel type sont fabriqués, où, par qui ? etc.), eh bien cela ne semble pas intéresser grand monde. Ce qui compte, c’est interdire, réprimer, contrôler, réduire les libertés publiques, et surtout les contribuables solvables qui essaient juste de ne pas péter les plombs. Tiens, quelques villes ont mis en place un couvre-feu, dont Nice, Perpignan, etc. Bien. Et pourquoi pas alors, réserver les sorties aux personnes infectées (et aux guéris) confinées avec interdiction de sortir, qui à ce moment-là pourraient enfin prendre l’air ? A-t-on pensé à ces personnes, qui souvent ont lavé leurs virus en famille, interdites de toute sortie pendant non pas 14 jours, mais plutôt 21 ? Cela dit, les hommes qui ne savent pas jouer à la bataille navale, peuvent s’occuper à battre leurs femmes…
- Chose vue au supermarché : alors qu’on annonce à la pelle des hécatombes dans les EPHAD, un couple de vieux, je dirais 75-85 ans, s’approchent de la file d’attente du supermarché où j’arrive près de la caisse. Habillés de façon folklorique pour de vieux Parisiens (canne et habits rose-pourpre pour elle, chapeau et accessoires limite far west pour lui ; aucun protection sur le visage), ils ne portent qu’un lot de 4 yaourts nature. Ils regardent la file et commentent à voix haute : « on va se mettre dans la file ». Ils en profitent pour tripoter les bouteilles de vin à portée de gondole. Comme mon tour arrive, je leur fais signe de passer devant, relayé par les braves gens qui me suivent. Ils posent leurs yaourts sur le tapis, et il se confirme que c’est toute leur emplette. Je m’apprête à dire à la caissière de mettre ça sur mon compte, imaginant qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter autre chose, mais la vieille ouvre son porte-monnaie et sort un billet de 50 €. Cela change le scénario. Puis elle parle dans sa barbe ou à la caissière, on ne sait pas : « Oh mais je ne suis pas quelqu’un de commode, hein, on ne se moque pas de moi ; c’est le psychiatre qui me l’a dit, mais ils ne veulent pas me prendre » « C’est à cause de l’épidémie, renchérit le vieux ». La caissière rend la monnaie sans rien dire, et la vieille empoche lentement et méthodiquement la monnaie. Comme je passe à la boulangerie, il se trouve que je les suis sur encore 100 m, avec les 4 yaourts dans un petit sac, elle ronchonnant toujours après je ne sais qui qui ne peut pas la recevoir. S’ils attrapent le virus, sans doute que ces Philémon & Baucis mourront main dans la main, sans l’étreinte ni le regard d’aucun proche, après une ultime cuillerée de yaourt.
Heureusement, le préfet de l’Aisne a interdit la vente d’alcool.
- Le 25 mars à 21h30, Le Monde, après l’avoir plutôt traité par le mépris, finit pas publier une tribune de Didier Raoult, accessible aux abonnés.
- Le 25 mars, Marc Wathelet publie un nouvel article pour SudInfo.be dans lequel il prône le « lockdown » complet pour la Belgique, et rejoint mes remarques (moi qui ne suis pas médecin !) sur les masques ; il propose même des masques à gaz en attendant des FFP2, et des procédures pour les réutiliser tant que dure la pénurie ; il propose également d’adopter l’hydroxychloroquine en prévention pour les soignants. En revanche certains points me restent obscurs : 1° ce scientifique pourrait-il préciser le sens spécifique qu’il donne au mot « aérosol », car ce mot a un sens vulgaire qui trouble ma compréhension ; 2° quand il évoque un, je cite, « retour probable du virus en octobre », il faudrait expliquer : le virus doit-il faire une pause en été, et pourquoi ? Si c’est à cause de la chaleur, alors je suis avide d’explications : pourquoi en même temps qu’on évoque une pause en été dans les pays tempérés, évoque-t-on une crise grave en Inde et en Afrique, alors que ces pays sont actuellement dans un climat que nous connaîtrons en été ? Et en Arabie Saoudite ? À moins que l’utilisation massive de la climatisation dans les pays chauds ne propage un virus qui serait annihilé sans cela ? Un point obscur reste le fait que ce professeur qui, à l’instar du Pr Raoult, semble savoir de quoi il cause, reste cantonné à l’outre-Quiévrain. Selon Erico Lusso, qui possède une télévision, il reste inconnu des journalistes français de la TV ; et je n’ai jamais entendu son nom à la radio, ni même vu dans un journal non-belge. Hallucinant ! Sur la question du mot « aérosol », la réponse sera donnée le 3 avril (cf. ci-dessous).
- Le 26 mars, dans l’indifférence générale, les hôpitaux de Seine-Saint-Denis sont déjà saturés selon Le Monde. Sans doute à cause des joggers et des marchés de proximité… Je vous renvoie à ce que je disais ci-dessus sur certains choix draconiens ou cornéliens qui devront être faits.
Le ciel de Paris est de plus en plus pur. Je contemple le Sacré-Cœur comme jamais, chaque soir, quand le voisin d’en face (maintenant rejoint par sa femme semble-t-il (je le vois aux bleus et aux meurtrissures qui émaillent son corps), et par d’autres voisins) a regagné ses pénates. J’imagine que s’ils ne montaient pas là-haut, ils auraient vue sur un mur gris et des barreaux. Cependant, en se promenant sur un toit non protégé avec une chaise, un ordinateur et des tas d’objets, le risque d’assommer un passant est loin d’être nul… Tiens, profitez de ma vue, péquenauds jaloux !

Montmartre pendant le confinement, 27 mars 2020.


- Le 27 mars, reportage à France Inter (journal de 13 heures) sur les femmes victimes de violences conjugales pendant le confinement. Pendant ce long reportage, on évoque au détour d’une phrase les enfants, qui peuvent l’être éventuellement aussi, mais pas un mot sur les hommes, qui si je me souviens bien, constituent quelque chose comme 13 % des victimes de ce genre de sport en chambre. D’autant plus victimes que tues, encore plus humiliées (« et pourquoi vous lui flanquez pas une bonne torgnole ? »). Les journaleux de France Inter persistent (encouragés par les hyènes de garde du féminisme actuel) à essentialiser les femmes comme des victimes et les hommes comme des coupables… Bref, j’ai déjà traité la question jadis, voyez cet article. Autre question subsidiaire : nous sommes au printemps, c’est la saison où il faut planter. Après la fermeture des marchés, qu’il faudra songer à rouvrir au cas par cas (tous les marchés où les gens sont moins confinés qu’aux supérettes), ne pourrait-on se poser la question d’inclure les fleuristes et grainetiers parmi les magasins autorisés, au même titre que blanchisseries, quincailleries, buralistes, cavistes ? Planter, puis récolter des végétaux chez soi ; fleurir les balcons dans les villes, c’est aussi bien pour l’écologie, et ne pas détruire une filière économique importante, non ? J’ignore si les gens qui ont accès aux hypermarchés trouvent des plantes. Dans le XVIIIe, c’est niet ! L’entreprise Orange fournit des statistiques sur les Franciliens qui ont déserté pour la province. Ah bon, mais seulement eux ? Et en contrepartie, combien de provinciaux qui ont rejoint Paris pour aider un aîné fragile, sachant que les aides à domicile allaient être réduites ou supprimées ? Les statistiques unidirectionnelles m’ont toujours paru suspectes. C’est comme les journaux qui font leurs titres sur les juifs (de droite) qui fuient l’Europe pour Israël à cause de l’antisémitisme, et qui oublient de rétablir la balance avec la proportion de juifs (de gauche) qui fuient Israël et sa politique colonialiste pour respirer en Europe… Quant aux possibilités modernes de « backtracking » des citoyens solvables (pourchassons les joggeurs et les petits vieux qui se sont trompés de date plutôt que d’oser affronter les organisateurs de barbecues), seront-elles applicables seulement à la populace, ou également aux présidents de républiques qui seraient allés rejoindre leur amante en scooter à l’insu de leur légitime ? Et puis quand on fait des statistiques, on élimine les biais : dans une semaine normale, combien de Franciliens qui travaillent à Paris où ils disposent d’une chambre de bonne ou d’hôtel, retournent chez eux en province ? Parmi mes étudiants en BTS, il est bien évident que ceux, nombreux, qui résident en province (merci Parcoursup), sont retournés chez leurs parents plutôt que de tourner en rond dans le bocal parisien (ou dans une colocation exiguë où l’on partage réfrigérateur, toilettes et virus) qu’ils paient difficilement avec le job de soirée qu’ils n’ont plus ! Parmi mes collègues, j’en connais au moins un qui fait l’aller-retour quotidien sur une ville de proche province, sans compter ceux qui à chaque vacances et parfois le week-end rentrent sans leur Corse natale, où ils ont une chance d’obtenir leur mutation quand ils seront à l’article de la retraite ! Où est leur résidence principale ? La ville de Sens, comme toutes les villes situées à 1 heure de train de Paris, compte 4000 « navetteurs », dont beaucoup par exemple travaillent au ministère de Bercy. Et puis tous les commentateurs semblent avoir oublié que le week-end précédent le confinement avait lieu… le 1er tour des élections. Or quel est le pourcentage de Parisiens qui continuent à voter dans leur mairie d’origine ? Ça ne serait pas 17 % par hasard ? Ayant reçu l’ordre de passer au télétravail, pourquoi retourner en région parisienne, alors même que l’annulation du 2e tour n’a été annoncée qu’après le confinement ? Or entre les deux tours, comment retourner voter là où vous êtes inscrit ? Donc soit on parle en détail de ces statistiques, et on précise la différence entre ces 17 % et le chiffre coutumier, soit on ne dit rien. En fait dans le monde hyperfliqué qu’on nous mitonne sous couvert de nous protéger, seuls les « migrants » auront droit de passer les frontières, et il serait jugé facho de ne pas les accueillir à bras ouverts, mais le Français (même s’il est d’origine immigrée d’ailleurs) qui fait des allers-retours entre la capitale d’un pays centralisé et son département d’origine, ah quel Salaud ! Bref, puisque « nous sommes en guerre », alors pourquoi en vouloir à ceux qui fuient vers les « forêts paisibles » selon la leçon de Jean-Philippe Rameau ?
Ce même jour, je fais mon 4e jogging de confinement. Je passe vers la Porte de La Villette, constatant que le parc est toujours clôturé, puis je passe devant le pont qui surplombe le canal Saint-Denis, mon 2e itinéraire habituel de jogging, pour m’apercevoir stupéfait que le passage du quai de l’Allier est libre… Alors je fais mon parcours habituel, au milieu des traînards habituels (pas très nombreux), qui ne courent aucun risque d’être contrôlés car non solvables. Je remarque juste que les « migrants » en petit nombre qui restaient cachés sous le pont du périphérique malgré l’évacuation des camps maousse de la Porte de La Chapelle, sont partis, remplacés par des barbelés. Une autre info qui pourrait intéresser les lecteurs locaux, c’est que les agrès de sport qui ont été installés depuis quelques mois ou années, dans les rues ou le long du canal, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, ne sont pas pris d’assaut par les mâles dominants de cités : cela reste un bon moyen de faire son exercice quotidien ; il suffit de venir avec son gel et ses lingettes… Il y a bien des fourgons de flics sur les boulevards de Paris, aux intersections, mais aucun contrôle à première vue. Je rentre dans la limite de l’heure autorisée. Au coin de ma rue je croise une voisine, qui me raconte qu’elle a été contrôlée, et que les pandores regardent sur leur ordi l’adresse, ils lui ont dit qu’elle dépassait de 300 mètres la limite de 1 km autorisée ! Voilà ce que ces énarques nous ont pondu. Il faut bien les occuper. Et ce sont les mêmes qui culpabilisent les… Parisiens (ils ne disent pas Franciliens, juste les Parisiens) qui, ne disposant pas comme eux de 300 m2 dans le XVIe, se sont carapatés en province. Et en même temps comme dirait l’autre, on nous apprend aux infos que l’on va affréter avions ou TGV pour déplacer les malades en surnombre de… Paris vers la province ! Ben faudrait savoir ! Si ces 17 % de gens ne s’étaient pas barrés, on en aurait 17 % de plus dans les hôpitaux franciliens… Enfin ceux qui se sont barrés ne sont pas forcément les plus âgés qui constituent le gros des troupes en réanimation. Bon, allons nous coucher les enfants. Ah non, avant dodo, je tombe sur cet article du Monde : polémique lancée par Rachida Dati sur la saleté de Paris : est-ce qu’on ne pourrait pas profiter du fait que les rues sont désertes pour désinfecter ? Ben paraît que les équipes de Hidalgo se grattent encore le front avec je vous le donne en mille cette repartie qu’il faut lire pour la croire : « Ce n’est clairement pas une bonne idée de communiquer sur le fait que les bancs publics ou les aires de jeux ont été désinfectés alors que l’on ne demande aux Parisiens qu’une seule chose : de rester chez eux ». Ok Anne : restons la capitale touristique la plus sale du monde, c’est bon pour lutter contre les épidémies. Et puis ce qui est super, Anne, dans les rues désertes du Paris actuel, c’est que comme il n’y a pas de foule et comme les usines sont fermées, la merde et les coulures de pisse, on les voit et on les sent vraiment mieux que d’habitude ! Tiens, pour les prochaines brochures touristiques, j’ai pris une photo dans mon quartier (31 mars), où l’on voit comme les services de la saleté font bien leur job pour encourager les gens à rester confinés. Puis-je me permettre une suggestion : encourager les gens à ne pas ramasser les crottes de chiens et à les faire faire au milieu des trottoirs, de façon que les joggers glissent dessus, comme ça s’est sûr, il n’y aura plus que les clochards dehors !

Comment les services de la Saleté de Paris encouragent les gens à rester chez eux. XVIIIe, le 31 mars 2020.

Intéressante et longue entrevue de Tara Schlegel avec Didier Sicard sur France Culture : « Il est urgent d’enquêter sur l’origine animale de l’épidémie de Covid-19 ». La première partie (pour laquelle je trouve que le mot « urgent » pourrait être remplacé par « important ») me rappelle l’article de Sonia Shah dans Le Monde Diplo du mois de mars : « Contre les pandémies, l’écologie », qui pointait aussi le rapport entre les épidémies actuelles et la diminution de l’habitat sauvage sur la planète. Pour la suite, on rejoint les avertissements des soignants. Je ferais juste une remarque sur le passage où il est question des masques : « Quand vous voyez au supermarché des caissières qui n’ont pas de masques alors que les clients ont des masques, il y a quelque chose de complètement contre productif. » Didier Sicard semble s’imaginer, et cela montre qu’il n’a sans doute pas eu le temps de se rendre lui-même dans les endroits dont il parle, que les clients, les passants, ont tous dévalisé les pharmacies pour se procurer des masques d’hôpitaux. Or tel n’est pas le cas : on constate au contraire une collection digne du système D du temps de guerre, où chacun se bricole un truc censé se protéger mais surtout protéger les autres, en diminuant la quantité de postillons projetés par sa bouche. Cela va du masque de chantier (celui que je porte identique depuis 15 jours en y mettant deux gouttes d’huile essentielle chaque jour) aux lunettes d’avion mises à l’envers sur la bouche, en passant par les masques anti-poussières vendus sur des sites pour la pratique sportive, etc. Plus peut-être, une infime proportion de masques médicaux, mais sans doute de récup, périmés, passés à la vapeur chaque soir, sans doute pas les masques flambants neufs à la dernière norme dont les soignants ont besoin. Je suis toujours en quête d’un article préconisant, dans l’attente des milliards de masques promis, une utilisation par roulement de blouses et de masques en tissu passés à l’autoclave tous les jours. La situation dramatique de nombreuses personnes âgées dépendantes à domicile privées brusquement du passage quotidien d’aides-soignants et que leurs enfants confinés ne peuvent pas rejoindre, devrait aussi contribuer à trouver un juste milieu entre le super masque de Zorro zéro risque et le masque et la blouse en tissu lavés à la machine à 95° tous les soirs. Je croyais qu’on était « en guerre ».

- 28 mars, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. Les statistiques qu’on peut lire ici ou là sont édifiantes sur le niveau de tolérance du Français moyen (quand je dis « Français » je ne dis pas « Gaulois », entendons-nous bien !) En caricaturant à peine, 13 % des Français pratiquent le jogging pendant le confinement, et 87 % des Français sont favorables à l’interdiction du jogging pendant le confinement. 35 % des Français font la queue devant les buralistes pour acheter leur tabac, et 65 % des Français sont favorables à la fermeture des bureaux de tabac pendant le confinement. Si on voulait bien étendre ce genre d’études qui sont à la science statistique ce que le viol est à l’amour, on pourrait aussi dire que 7 % des Français pratiquent la sodomie, et 93 % sont favorables à son interdiction. Bref, vive la tolérance ! Le sondage qui m’intéresserait en ce moment, c’est de savoir combien de Français seraient favorables à ce que tout médecin puisse prescrire librement l’hydroxychloroquine et l’azythromicine à tout patient, en son âme et conscience. Mais bizarrement, au lieu de poser cette question, Le Monde préfère persister dans le dénigrement du Pr Raoult avec un article édifiant intitulé : « Coronavirus : comment le professeur Didier Raoult est devenu une figure centrale des théories complotistes ». Super intéressant quand on songe à toutes les questions autrement cruciales que pose l’hypothèse et l’espoir lancés par ce professeur… questions auxquelles il semble impossible à des journalistes de trouver les réponses ; il est tellement plus facile de traiter de complotistes les personnes qui posent ces questions, même s’il s’agit de Philippe Douste-Blazy, médecin et ancien ministre de la Santé !

- 29 mars, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. 5e jogging de confinement. Je teste un nouveau parcours en escargot pour satisfaire aux oukases des énarques du gouvernement : grand tour du XVIIIe et d’une partie du XIXe, en tâchant de rester dans un rayon de 1 km autour de ma cage de hamster. Je manque terminer aux urgences rue de la Goutte d’Or : comme je constate un attroupement de mâles (16 personnes, aucune femme) à un carrefour, je dévie ma course sur la chaussée pavée, et me casse la gueule sur un dos d’âne diaboliquement dissimulé dans le pavage. Le genou morfle, je me relève et claudique un peu, mais plus de peur que de mal. Ç’aurait été tellement plus simple de laisser cette petite liberté pour les gens confinés dans leur clapier dans les grandes villes, de courir là où c’est le plus sûr, et pas forcément dans les environs immédiats. À part ça, j’ai constaté que les rues sont de plus en plus désertes, livrées aux SDF et voyous habituels ; plus du tout l’ambiance du 1er dimanche de confinement. Tous ces flics que les énarques occupent à verbaliser les promeneurs solvables, cela m’amène à rechercher un article très ancien, de septembre 2019, sur le site de L’Express, qui vous fera rire jaune : « "Bed manager", ce métier qu’Agnès Buzyn veut généraliser ». Il est bien évident que les services de police ne peuvent procéder à l’arrestation de tous les énarques et ministres qui ont mis en place cette doctrine libérale du « zéro lits », qui considère les humains comme des pièces détachées d’une chaîne de production industrielle en flux tendu. Nous constatons aujourd’hui les conséquences criminelles de cette gestion, mais la police verbalise les joggers. Étonnant que chaque soir, à l’heure où les citadins confinés applaudissent les soignants, après la messe quotidienne de Jérôme Salomon comptant les morts, France Inter ne donne par la parole, chaque soir, à l’un des nombreux chefs de service qui ont démissionné de leurs fonctions administratives à l’hôpital début 2020, au nom du mot d’ordre « L’État compte les sous, on va compter les morts ». Publié l’après-midi du 29 par Le Monde, un article évoque les funérailles au temps du coronavirus. On peut se côtoyer au supermarché, mais pas au cimetière…

Montmartre pendant le confinement, 30 mars 2020.


- Le 30 mars, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. Erico me transmet cet article de Florence de Changy qui date du 22 mars, et qui confirme mon intuition contraire à l’affirmation de nombreux médecins, politiciens et journalistes, selon laquelle le port par tous de masques est une barrière mutuelle efficace, en tout cas c’est une démonstration crédible depuis Hong Kong. Si cette journaliste tombe sur cet article, qu’elle soit rassurée, ici aussi en France, de plus en plus de gens adoptent cette attitude, en dépit des oukases irresponsables des autorités. Un article de Anne-Sophie Labadie pour Le Temps révèle la tension entre Hongkongais et étrangers quand ceux-ci négligent le port du masque.
J’ai encore entendu aujourd’hui dans une supérette, ce message sonore absurde conseillant d’« éternuer dans son coude », et l’affiche qui le conseille est toujours visible partout. Et comment sortir du confinement sans une période où nous porterons tous des masques ? Ci-dessus, une photo du Sacré-Cœur prise depuis mon balcon, en journée. Jamais le ciel de Paris ne m’a offert une telle netteté… Et pourtant selon cet article du Monde, la pollution par épandage agricole serait très élevée…
Le soir, enfin un article du Figaro sur les masques non sanitaires. Évidemment, on parle de grandes entreprises, et pas des couturiers blacks qui tiennent boutique au bas de mon immeuble et pourraient aussi bien faire des masques. On est en guerre, oui ou non ?
- Le 31 mars, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. Je remarque le changement au supermarché asiatique du quartier, dont les caissières avaient déjà adopté le masque et les gants avant le confinement : toutes les caisses sont équipées de parois en plexiglas, et chacune arbore deux énormes demi-oignons. Étonné par cette pratique, j’ai trouvé cet article, qu’on retrouve en de nombreuses versions sur Internet. Le journal Le Monde persiste à rétropédaler à fond la caisse, et en l’absence d’informations sûres, à systématiquement abonder dans le sens de la saleté (il serait inutile de désinfecter les rues !) et de l’absence de précautions sanitaires, sauf quand il s’agit de l’espoir du double traitement proposé par le Pr Raoult, alors là c’est la précaution maximale qui s’impose pour ce journal de plus en plus étonnant. Pourtant on laisse passer des articles comme celui-ci : « Contre le coronavirus, le port du masque se répand en Europe centrale » permettant de constater que le bon sens commence enfin à pointer dans un bout de l’Europe : mettez des masques, non d’une pipe ! Et n’importe quoi comme masque ! Reste à compter le nombre de jours qui s’écoulera avant que notre gouvernement adopte aussi cette mesure de bon sens, comme il a fallu compter ceux qui se sont écoulés avant que l’on adopte la mesure de confinement à l’italienne. Et passer des condamnations pour vente de masque à des condamnations pour non-port de masque. Bizarrement, la recomposition politique du journalisme français se révèle ce jour, lorsque, a contrario du Monde, c’est le Figaro qui soutient le combat du Pr Raout, ou du moins fesse les joues du vieil apparatchik Daniel Cohn-Bendit, sous la plume d’Anne-Sophie Chazaud : « Injures de Cohn-Bendit contre le Pr Raoult : le mépris et l’intolérance du gauchisme culturel ». Eh oui, que ce soit sur la question du féminisme ou celle du coronavirus, c’est désormais la gauche qui impose la censure et le retour à l’ordre moral, et la droite qui défend les libertés. Dans le cas de Cohn-Bendit, la journaliste n’ose pas dire que ce vieux débris ferait mieux, lui, de fermer sa gueule plutôt que de tenter de censurer les autres, à une époque puritaine qui pourrait revenir ad nauseam sur son goût pour les braguettes de garçons dans les années 1970, exactement comme elle revient sur les frasques de Polanski.
- Le 1er avril 2020, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. C’est le 13e anniversaire de votre site préféré… et de son tenancier ; on fête ça à la guerre comme à la guerre entre voisins, d’un balcon l’autre. Rien de bien neuf, de vieux articles tournent ; je ne comprends pas comment cela se fait que l’information n°1 ne soit pas consacrée aux essais de médicaments en cours, en France, en Europe et dans le monde… Ah si, tiens, le Pr Raoult s’est exprimé sur Radio classique, et l’entretien a été transcrit par un stagiaire en rupture avec l’orthographe, qui écrit « hydroxyde chloroquine » par exemple. Le journaliste ne semble guère avoir étudié la question et persiste à dire « chloroquine », et on n’en apprend guère plus qu’il y a dix jours. Le professeur se met un peu en colère parce que les deux journalistes s’avèrent incapables de lui poser une question précise sur le traitement qu’il préconise ; mais il finit quand même leur donner la soupe polémique qu’ils demandent.
- Le 2 avril, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. Le Monde évoque ce masque de snorkeling adapté sur le modèle du Hackerspace pour en faire un respirateur. C’est cela qui nous sauvera, non pas les grandes entreprises, les décisions (con)descendantes, mais le système D qui maintenant a un nom : hackerspace ou makerspace. D’ailleurs on peut se demander si la sécession revendiquée par le Pr Raoult ne relève pas d’une sorte de hackerspace médical. On trouve des tas de tutoriels rappelant que plutôt que de gaspiller, on peut chauffer les masques, au four ou au sèche-cheveux (évidemment on met à moins de 100° !) et on peut en bricoler à partir de tout ou n’importe quoi, un string et du papier Q en ce qui me concerne ! Si on en possède en nombre, vu la durée de survie du virus, il me semble (mais je ne suis pas médecin) qu’il suffirait d’entreposer ceux du lundi à gauche, ceux du mardi à droite, etc., et de les reprendre la semaine suivante. Je crois même qu’un roulement de trois à quatre jours suffirait, non ? Le Quotidien des médecins publie un bref article sur quelques résultats provisoires sur les essais d’hydroxychloroquine en cours. Les commentaires des lecteurs, tous médecins, nous laissent dans le doute, en attente de davantage de résultats internationaux. Découverte utile : le site de Michel Onfray reprend toutes les conférences vidéo du Pr Raoult, ce qui évite de les chercher partout. Ce qui serait génial, ce serait d’organiser une sorte de masterclass du professeur Raoult à des médecins de terrain qui pourraient lui poser des questions pratiques, puisqu’il est professeur, plutôt que de perdre son temps à répondre à des questions polémiques qui ne nous apprennent pas grand chose. Médiapart publie un article interminable réservé aux abonnés intitulé « Masques : les preuves d’un mensonge d’État ». L’ami Jean-Pierre me l’a envoyé en PDF, mais j’hésite à le mettre en pièce-jointe, d’autant que d’autres blogueurs l’ont déjà republié en partie, et comme je suis très courageux, je les laisse prendre tous les risques ! Le journal Marianne publie une interview du Pr professeur Christian Perronne qui soutient le Pr Raoult et conclut : « Combien de milliers de morts ce gouvernement aura-t-il sur la conscience ? Mais qui les conseille ? C’est révoltant. »

Matrice d’Eisenhower
Le Culte de l’urgence, Nicole Aubert, Flammarion, 2003, p. 75.


- Je viens de concocter pour mes étudiants un sujet de culture générale en BTS sur le thème « À toute vitesse ! », spécial coronavirus. À ce propos, j’ai abordé avec eux dans mon cours, la Matrice d’Eisenhower, dont voici ci-dessus le schéma trouvé dans Le Culte de l’urgence, de Nicole Aubert. Le problème de la plupart des pays occidentaux, c’est que la case « stratégique » a été négligée depuis des années. À force de ne vivre que dans l’urgence, le temps se réduit au présent : c’est la panique.
- Le 3 avril, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. C’est mon 6e jogging de confinement. Après ma chute de dimanche, j’ai attendu vendredi que mon genou dégonfle, et j’y suis allé mollo ; tout s’est fort bien passé, et d’ailleurs grâce à ça et au fait que j’ai réduit mes portions alimentaires, non seulement je n’ai pas pris de poids, mais j’ai « inversé la courbe » comme disait un président de république. Rien n’a changé, toujours les mêmes attroupements de SDF et toxicos. J’ai vu un contrôle de flics dans le quartier de la Goutte d’Or (je courais sous le métro aérien, à l’endroit où les TV avaient filmé le marché qui avaient indigné ceux qui ne connaissent du monde que ce qu’en montre TF1), et à la porte de la Chapelle, des CRS qui ont fait les gros yeux à des « migrants » installés sur les quais du tramway et qui se « checkaient » à qui-mieux-mieux à proximité des autres passagers. « La prochaine fois »… morigénaient les pandores, sans prendre la peine de traverser les voies. Sinon, sur le boulevard Barbès, à proximité du siège de Médecins du Monde (rue Marcadet) j’ai vu une tente d’accueil pour sans-abri, mais qui m’a semblé être plutôt de Médecins sans frontière. Témoignage indirect au téléphone de personnes qui auraient été agressées violemment après avoir retiré de l’argent à des distributeurs. Je n’en ai pas eu vent sur les médias. Le ministre de l’Éducation annonce que toutes les épreuves du bac seront supprimées. Toutes ? Non ! Un village gaulois résiste : l’oral de français demeurera la seule et unique épreuve de cette année. Ce qui signifie que les élèves de terminale du bac 2020, ultime millésime de l’ancien bac, n’auront passé qu’une seule épreuve de bac, l’an dernier, l’oral et l’écrit de français, et que ceux du millésime 2021, premier du nouveau bac, auront passé une seule épreuve en 1re, celle de l’oral de français. Avec, rappelons-le, un nouvel oral qui est une véritable usine à gaz très difficile à mettre en place cette année et pour lequel il aura été difficile voir impossible de prévoir des oraux blancs. Et pour mettre en place cette unique épreuve, les professeurs de français seront-ils déchargés de cours suffisamment de temps avant, ou devront-ils avoir la tête dans le guidon jusqu’au bout, sans avoir eu droit à des vacances de printemps pour reprendre leur souffle ? On aimerait bien entendre de temps en temps un « merci » spécifique, ou une reconnaissance du fait que le ou la prof de français, c’est un(e) prof un peu plus important(e) que les autres, auquel on demande toujours plus de boulot pour le même tarif…
Le 3 avril enfin, nouvel article très pédagogique sur les aérosols et pétition menée par le Pr Marc Wathelet, mais cette fois-ci à la tête d’un groupe international de virologues qui expliquent, preuves à l’appui, que « L’OMS continue dans sa recommandation absurde de dire que les masques ne sont pas nécessaires pour le grand public », et qu’il faut porter des masques. Ils citent l’exemple de Prague, qui a appliqué ce que le Pr Wathelet dit depuis le début, fabriquer des masques partout et de n’importe quelle façon, en attendant d’avoir des masques FFP2. Mais quoi, ce n’est qu’un belge !
- Le 4 avril, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. Les gouvernements, l’OMS et les journaux qui nous désinformaient depuis le début, entament leur volte-face sur la question du port généralisé de masques et semblent avoir enfin entendu ce que le spécialiste Marc Wathelet écrivait dès le 28 février dernier : « Les autorités chinoises ont commis la même erreur initiale avec SRAS et avec COVID-19, mais ils se sont mobilisés depuis pour combattre ce virus avec les mesures extrêmement strictes qui sont nécessaires lorsqu’un virus se transmet par aérosol et de manière asymptomatique. Nous sommes en train de commettre la même erreur initiale que les Chinois ! » et le 7 mars (cf. les liens ci-dessus) : « Avec une saison de transmission de 6 mois et un virus aussi contagieux, seul le port de masques FFP2 par tout le public peut fournir la protection nécessaire. Les masques en textile et recyclable pour adultes et pour enfants sont indispensables, et une opportunité pour l’essor d’une industrie et des phénomènes de mode qui ne manqueront pas de s’y associer. » Mais aucun média français n’a donné la parole à celui qui disait la vérité ; ils ont relayé les fake-news colportées par les plus grandes autorités. Erico Lusso doit être le seul citoyen français à lire la presse belge. Pour le bien des peuples, une très grande lessive sera indispensable après la pandémie, dans les milieux médical, politique et journalistique. Il y a des grands pontes qui devraient se retrouver caissiers chez Carouf, et des caissiers de Carouf qui devraient se retrouver ministres !
- Une pétition a été lancée hier par des médecins, dont Philippe Douste-Blazy et Michèle Barzach, anciens ministres de la Santé pour permettre la prescription de l’hydroxychloroquine par tous les médecins, dispensé cependant en pharmacies hospitalières (le temps de reconstituer des stocks je suppose). Je l’ai signée… Traitement Covid-19 : ne perdons plus de temps !.
L’écoute des journaux radio et la lecture des articles ne manquent pas de sel : les menteurs meurtriers qui nous ordonnaient depuis des semaines de ne pas porter de masques, rétropédalent hardiment sans jamais reconnaître qu’ils avaient simplement eu tort, eux les grands spécialistes alors que la moitié des simples citoyens respectaient le bon sens contre leur avis. Il faudra s’en souvenir : les pires fake-news viennent d’en haut, ce dont j’étais déjà persuadé bien avant le coronavirus. Au journal de 13 h, le journaliste de France Inter affirme que les huiles essentielles sont inutiles. Il venait de terminer d’interviewer un ponte de la médecine, lequel exerçait son rétropédalage comme dit ci-dessus, mais le journaleux a éprouvé le besoin d’ajouter son truc sur les huiles essentielles, comme une vérité révélée, exactement comme il y a quelques jours il prétendait que les masques ne servaient à rien. J’ai photographié encore aujourd’hui même une affiche de la Ville de Paris (la même qui a décidé de surtout ne pas désinfecter les rues) avec ce fameux « éternuez dans votre coude », une des plus grosses conneries propagées par l’OMS et affichée partout, colportée par Le Nouvel Obs par exemple. Combien de personnes contaminées à cause de cela, plutôt que d’afficher dès le début : mettez-vous un truc devant la bouche, et fermez votre gueule quand vous êtes en public, ne hurlez pas dans votre téléphone quand vous êtes dans une file d’attente, etc. ? J’hallucine depuis ce matin d’entendre ces journaleux qui semblent avoir découvert le fil à couper le beurre. Je crois comprendre la raison de ce revirement soudain, alors qu’on commence à envisager le « déconfinement » : comme cette sortie de crise ne sera envisageable qu’avec des protections maximales, on dit la vérité juste pour conditionner le peuple à ressortir, exactement comme on avait menti, pour conditionner le peuple à s’enfermer. C’est parce qu’on prend les gens pour des cons.

« éternuer dans son coude » : comment propager le virus grâce à la Ville de Paris.

Le même jour (4 avril) on apprend qu’enfin les « Graines et plants potagers » entrent dans la liste des « achats de première nécessité », mais comme ces mesures, encore et toujours, sont pondues par des connards d’énarques, le décret est incompréhensible et n’autorise pas tout simplement l’ouverture des fleuristes et horticulteurs. Il va encore falloir construire des usines à gaz, passer sous les fourches caudines d’interdictions complexes (le foin dont se nourrissent les énarques). Comme si le fait de contribuer à la biodiversité n’était pas une urgence absolue, en ville comme à la campagne.
- Le 5 avril, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. C’est mon 7e jogging de confinement. J’ai maintenant à peu près repéré un parcours de 1h, que je maintiens parce que la connaissance du terrain limite les risques de surprise et de chute. Comme je cours sur les grands axes, je croise pas mal de flics et CRS, mais je n’ai pas été contrôlé. Il faut dire que l’on voit vraiment très peu de joggers, alors que c’était dimanche à midi, avec une température printanière. Pour un jogger, il y a à peu près je dirais une cinquantaine de traînards, SDF, drogués, voyous, donc pour une fois les consignes données à la police semblent raisonnables. Toujours les mêmes grappes de SDF aux mêmes endroits. En rentrant, j’ai entendu une entrevue de Yannick Jadot, droit dans ses bottes de l’écologie gauchiste culpabilisatrice, prônant le tout transports en communs. Les infirmières pauvres qui rentrent dans le 93 en transports, ont le droit de s’y faire postillonner dessus pas les clodos et toxicos qui les ont investis comme terrains de jeu, mais ça ne le gêne pas dans ses grands discours. L’ami Jean-Yves m’a appris qu’à Clermont-Ferrand, dans les tout premiers jours du confinement, les SDF étaient poussés par les flics dans le tramway, avec les utilisateurs normaux, pour qu’ils ne restent pas dans les rues ! Donc les amis, votez écolo tant que vous voulez, mais si vous avez des enfants, continuez à utiliser une voiture individuelle, que vous nettoyez vous-même, et où vous serez les seuls à éternuer. Il est clair que quel que soit le parti, les transports en commun, c’est juste pour la populace, c’est pas pour eux. Avec le beau temps, le voisin d’en face retire le haut !

Confinement parisien, 5 avril 2020, XVIIIe arrondissement.

Les seuls qui sortent dans les rues, ce sont les Soudanais (très nombreux dans le quartier), et tous les traînards. Quand je vais à la boulangerie, inévitablement, je dois attendre que l’on serve des cafés à l’un de ces traînards. Cela dit, hier, c’était trois flics qui prenaient sandwichs et cafés. Vu que la rue appartient désormais à ce type de population, il est à craindre que dans mon quartier se reproduise le même type d’attentat qu’hier à Romans-sur-Isère. J’ignore si mes voisins qui ne sortent pas du tout craignent davantage le virus ou les fous qui pullulent dans la rue, tandis que les médias pointent du doigt les… joggers.
En ce qui concerne mon pronostic sur le déconfinement, mon petit doigt me dit que si les gens qui nous gouvernent ont enfin reconnu qu’ils nous avaient menti sur la question du port préventif du masque, ce n’est pas parce qu’ils ont un reste de conscience, mais parce qu’ils pensent au déconfinement inévitable, et nécessaire pour éviter une catastrophe économique. Donc je me risque à un pronostic d’un début de déconfinement département par département, à partir du 20 avril, en commençant par les départements les moins touchés. En effet, si l’on consulte la carte de la mortalité par département communiquée par l’Insee (donc fiable) et publiée par Le Monde le 3 avril, il ressort que la moitié des départements français sont restés en mars à un taux de mortalité normal. Si le confinement a été utile, il serait raisonnable de penser que dans ces départements, l’activité pourrait reprendre à certaines conditions, dont au moins le port généralisé obligatoire de masques de n’importe quel type, et éventuellement, dans les entreprises, des tests soit de virus, soit d’anticorps. Je suis peut-être hyper-optimiste, mais je pense que ces questions pourraient être résolues, pour ces départements, d’ici le 20 avril. Cela ferait à peu près la moitié du territoire (mais pas de la population) libérée. Certes, de nombreux indices vont penchent dans le sens contraire, comme ces bruits qui courent dans les milieux éducatifs, d’une réouverture des établissements en septembre (et quid de l’oral de français ?), ou les annulations de tel ou tel événement. D’un autre côté, les masques arrivent finalement ; la volte-face continue sur les masques article 22 ; les tests d’anticorps se pressent à la porte ; les tests de virus sont autorisés en ville ; chaque jour apporte des nouvelles de progrès logistiques et pratiques, sans parler de la baisse des admissions en réanimation ; et les pressions des grandes entreprises sur l’exécutif doivent être dix fois plus discrètes mais sans fois plus écoutées que celles des médecins pour l’hydroxychloroquine et celles des petits producteurs pour la réouverture des marchés. Et quand on voit que des pays certes moins touchés comme l’Autriche, envisagent une réouverture de certains lieux, j’imagine que chaque jour, la pression va monter, et j’imagine mal une absence totale de déconfinement au-delà de la fin avril.

- Le 6 avril, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. C’est le premier jour où je ne suis pas sorti depuis le début du confinement. La boulangerie qui fait la meilleure baguette du quartier est fermée, et je n’ai pas vidé mon réfrigérateur, et puis étant en « vacances », peut-être suis-je moins stressé. L’amie Odile qui m’appelle de Courbevoie m’apprend que chez elle, il y a très peu de commerce, il faut faire la queue une heure au supermarché, et commander son pain la veille à la boulangerie. Comme quoi il n’y a pas que les pauvres du 93 qui soient mal lotis, même des villes riches le sont, à cause sans doute de la proximité de grands centres commerciaux.
Très mauvaise nouvelle, rien ne va plus entre Erico Lusso et votre serviteur. D’une part des sources secrètes auraient prouvé que ce dernier, laissant libre cours à son atavisme lituanien, aurait stipendié un ami d’origine camerounaise pour me jeter un sort lors de mon 5e jogging pour me faire choir ; d’autre part, n’ayant pas répondu à son appel téléphonique séance tenante, Môssieu Erico Lusso en a conclu que j’avais d’autres sources que la sienne ; enfin sous le coup de la colère, il a bien sûr pris le contrepied de mon opinion sur le déconfinement, et prétendu perfidement qu’il ne se passerait rien avant au mieux, la mi mai ! Rira bien qui rira le dernier…
- Le 7 avril, Madame Anne Hidalgo a décidé de continuer à ne pas désinfecter les rues de Paris. Mieux, invitée sur France info ce matin, elle a annoncé des masques et du gel gratuits et l’extinction du paupérisme à 6 heures du soir, mais le très respectueux et poli journaliste s’est bien gardé de lui poser une question qui aurait pu lui faire avaler son croissant de travers, sur sa sécision de refuser la désinfection des rues de la capitale, alors que Marseille y procède depuis le 27 mars. Il est vrai que Marseille est une ville méprisable peuplée de virologues démagogues. Le journaliste, qui n’a pas osé poser la question de la désinfection des rues, a posé celle du jogging, car il est tellement vrai que ce sont les joggers qui créent un risque pour les Parisiens, et non pas les grappes de SDF, de drogués et de migrants ni les mendiants, qui jamais eux ne s’approchent des files d’attente, comme l’a si judicieusement remarqué la mairesse selon Le Figaro. Donc surtout ne désinfectons pas Paris, mais interdisons le jogging !
Le même jour, selon cet article, il s’avère que Marc Wathelet, dont les médias et politiciens français persistent à ignorer l’existence, est toujours inaudible par la ministre de la santé de son propre pays. En France comme en Belgique, je me demande combien de jours vont encore s’écouler avant que les médecins se liguent pour exiger la démission des ministres de la santé. Dans mon quartier, après le marché, c’est au tour du supermarché asiatique de fermer ses portes (jusqu’au 20 avril), donc de plus en plus d’attente dans les autres endroits en perspective.

- Pour vous divertir, lisez parmi les centaines d’articles que nous avons en magasin, celui sur le Journal de Samuel Pepys (1660-1669), qui vous apprendra comment on pouvait s’amuser à Londres pendant la peste…

Si la lecture de ce billet ne vous est pas parue inutile, faites tourner…

Lionel Labosse avec Erico - AFP - Lusso, 7 mars 2020, augmenté entre le 12 mars et le 7 avril.


© altersexualite.com 2020


[1Sur la terminologie entre le nom du virus et celui de la maladie, lire cet article des Décodeurs.

[2Lire à ce sujet un article en anglais très documenté du National Council of Resistance of Iran (NCRI).