Femmes sans père ni homme, pour les petits (3 à 7 ans)
La Cerisaie, 2007, 32 p., 13 €.
dimanche 13 mai 2007, par Lionel Labosse
Voir en ligne : Éditions La Cerisaie
« Ma famille est super » proclame d’entrée l’héroïne. Deux mamans, forcément, cela ne peut être que formidable, surtout quand pas la queue d’un homme ne se profile dans tout l’ouvrage, quand l’enfant ne se pose pas un seul instant la question de l’origine de la « petite graine ». Pour le masculin, il y a le mot « amour » avec son genre grammatical fort opportun, qui permet de passer sous silence la question du père, comme si elle ne tarabustait pas les enfants de couples lesbiens. Bon, cessons de ronchonner, vous savez ce que je pense de cette mode des albums qui sous couvert d’« homoparentalité » n’évoquent en général que la « lesboparentalité », qui va malheureusement trop souvent de pair avec l’éviction du père. À quand le premier album pour les enfants qui évoquerait une famille avec deux papas, et sans éjecter la mère ? (deux albums y font brièvement allusion : Milly, Molly et toutes sortes de papas, et Marius). Cet album est quand même une réussite graphique et poétique, reconnaissons-le, mais pas très innovant, et un peu « à l’eau de rose » dans son hymne bilingue à « l’amour de toutes les couleurs ». Une dernière chose : que cherche la petite fille « derrière le nounours » comme dit le texte, ou plutôt devant, comme suggère le dessin, à la p. 28 ? Ne serait-ce pas le retour du refoulé ?
Voir le documentaire Nous, enfants d’homos, Stéphanie Kaim.