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Un récit court pour les petites classes (jusqu’à la 5e)

On m’a oublié, de Guillaume Le Touze

École des Loisirs, Neuf, 1996, 138 p., 7,9 €.

mardi 1er mai 2007, par Lionel Labosse

Un récit à la première personne pour raconter deux jours pas ordinaires dans la vie de Guillaume. Grand-mère est morte, et le voilà confié à son oncle Patrick, qui n’est pas vraiment habitué à s’occuper d’enfants. Déjà fini ? Oui.

Résumé

La maman de Guillaume lui annonce la mort de sa grand-mère. Elle va rejoindre papa et papi en Bretagne (décidément, la Bretagne est une destination prisée chez L’école des loisirs !) pour la « cérémonie » (elle n’ose pas prononcer le mot enterrement (p. 81)). Pendant ces deux jours, Guillaume sera confié à la garde de son oncle Patrick. Il faut être un lecteur attentif pour saisir les allusions discrètes aux mœurs de Patrick. On apprend qu’il s’habille avec des couleurs vives, qu’il croit avoir du goût. La maîtresse d’école fait à son propos une remarque ironique : « Avec son oncle, il a intérêt à savoir s’adapter ». Surtout, pendant que tonton fait son jogging, Guillaume fouille dans ses affaires, et ne découvre rien de bien scabreux, sauf des photos d’amis, de sexe masculin.S’étant aperçu de l’indiscrétion, Patrick remet son neveu en place, et lui rappelle « Tu m’as toujours vu avec mes amis, quand tu avais cinq ans, tu as pleuré quand j’ai quitté Ramon » (p. 62). Le psychodrame aura lieu le deuxième soir, quand Patrick rate la sortie de l’école. La maîtresse prend le pauvre chéri sous son aile et dans son appartement, où il se rendra compte que c’est une femme comme les autres. Tout sera bien qui rentrera bien.

Mon avis

On a là avec Les lettres de mon petit frère, de Chris Donner, l’une des deux matrices de bien des récits du même tonneau publiés subséquemment chez le même éditeur. Les malheurs d’un gosse de riches, la Bretagne, la journée trépidante d’un écolier, les courses au supermarché, le repas au restaurant Italien, la grand-mère, déjà ou pas encore morte. Il y a deux ou trois jolis passages, c’est vrai, la métaphore sur la mort de la grand-mère, les réflexions sur l’indiscrétion, mais il y a aussi du remplissage, ce qui est un comble pour un récit à lire en une demi-heure. Le récit d’une soirée magnétoscope (on nous a épargné le soda et les chips), avec l’histoire des deux films. Bon. Le repas final à la pizzeria. Bon. Feu dans la cheminée. Hommage discret à Astérix ? On soupire en apprenant, avant le récit, que « ce livre a pris corps lors d’une résidence d’écriture et de traduction » en Italie. Il fallait bien ça pour nous sortir trois pizzas et une anecdote sur un voyage de Patrick en Italie quand il était jeune. Anecdote pour meubler la conversation, cela va sans dire. À propos, cette grand-mère, elle était comment, quel souvenir laisse-t-elle à son petit-fils, à part qu’avant d’être morte elle avait été vivante, pour retourner la formule de Christophe Honoré ? Ben rien. Rien. Quant à la discrétion sur les mœurs de l’oncle, on comprend ce qu’a voulu exprimer l’auteur : c’est un homosexuel, et alors ? On peut bien lui confier un enfant à garder, il n’a même pas de revues pornos chez lui. Certes, mais n’est-il pas à craindre que le jeune lecteur interprète tout autrement cette discrétion et l’absence de mot dans le texte pour nommer ce genre de tonton maudit ? Bon courage aux enseignants qui devront se dépatouiller pour expliquer que ce non-dit ne cache rien dont on doive avoir honte. Et vous, les enfants, vous avez un oncle qui s’habille en orange et en violet ?

- Voir, du même auteur, une pièce de théâtre pour enfants : Les nuits de Léo.

Lionel Labosse


Voir en ligne : Article de Wikipédia sur l’auteur


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