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Super-héroïne lesbienne, et fière de l’être, pour lycéens et adultes

Batwoman, de J.H. Williams III, Greg Rucka & W. Haden Blackman

Panini Comics et Urban Comics, 2012, 233 p. et 144 p., 22,5 € & 15 €

samedi 30 novembre 2013, par Lionel Labosse

Je ne suis pas un habitué des « comics » étasuniens, mais l’historique de Batwoman sur Wikipédia nous apprend que le personnage fut créé dès l’origine, dans les années 50, par Bob Kane, le créateur de Batman. L’historique du personnage est fort complexe, et je renonce à y comprendre quoi que ce soit (il paraît qu’il y a plusieurs candidates au titre de Batwoman, en concurrence avec une Batgirl, laquelle connaît aussi plusieurs avatars !). Toujours est-il que le personnage a été repris de façon moderne dans les années 2000 par les continuateurs de la série, et qu’un premier volume est paru en traduction française (traduction par Laurence Belingard) aux éditions Panini Comics, volume épais non paginé qui réunit plusieurs épisodes. Là encore, l’histoire de l’édition en français semble complexe, et il existe plusieurs titres. Je tâcherai de démêler cela prochainement (voir ci-dessous). L’originalité est que l’éditeur étasunien, pour moderniser son propos, a fait de cette héroïne, si l’on en croit Wikipédia, une lesbienne juive (pour juive, je n’ai rien vu dans ce volume, ah, si, un chandelier à sept branches traîne dans une vignette, mais il faut avoir l’œil !). Effectivement, le lesbianisme est explicite, c’est même le moteur de l’engagement de l’héroïne dans sa lutte contre les forces du mal, ce qui fait de cet album un bon album, les super-héros ayant tendance à être un peu trop uniformément hétéros ! Un détail : la 4e de couverture prévient avec un macaron « pour lecteurs avertis », qui me semble de la publicité mensongère : il n’y a rien d’explicite, comme on dit, à signaler, n’en déplaise aux amateur(e)s d’érotisme lesbien ! Et puis une super-héroïne qui combat à l’égal des hommes, n’est-ce pas idéal contre les stéréotypes sexistes ?

Tome 0 : Élégie pour une ombre

J.H. Williams III est au dessin pour ce premier volume, avec Greg Rucka au scénario. « Agitato », nous plonge au cœur de l’action. Kate Kane, alias Batwoman, tente d’obtenir des aveux d’un type sur les sorcières de Gotham, et en discute avec Batman. De retour, elle se fait quitter par sa compagne Anna, qui ne supporte pas son mode de vie imprévisible. Elle retrouve son père, qui est aussi son « capitaine », et les deux jouent de cette ambiguïté dans leur relation. On fait connaissance avec Alice, la chef du clan des sorcières, qui ne parle que par citations du livre de Lewis Carroll. Dans le second chapitre, « Misterioso », la lutte est rude avec la cruelle Alice, qui tue tout ce qui bouge quand ça la démange, et qui manque de peu Batwoman, récupérée par papa et quelques copains super-héros de leur état (on notera au passage la qualité du dessin quand il s’agit de croquer le bestiaire fabuleux du récit). Dans le chapitre 3, « Affettuoso », Kate fait la connaissance lors d’une soirée dansante de Maggie, la chef de la section criminelle, qui la drague en dansant (ce qui nous vaut une superbe double page, voir ci-dessous). Ce qui les rapproche est d’être toutes deux vêtues à la garçonne d’un complet-veston fort seyant.
 Batwoman, Élégie pour une ombre, de Greg Rucka & J.H. Williams III
Dans leur dialogue, on relève « ça explique toutes ces lesbiennes flics », mais au diable si je comprends à quoi renvoie ce « ça » ! Le chapitre 4, « Rubato » nous plonge au cœur de l’action et du danger : nous frémissons pour Batwoman. Le chapitre 5, « Il y a vingt ans », avec ses dessins, couleurs et cadrages vintage, nous ramène au traumatisme de l’enfance de l’héroïne : sa mère et sa sœur jumelle sont enlevées ou tuées, difficile à dire. Le chapitre 6, « Il y a sept ans », rapporte brièvement la liaison de Kate avec sa copine de chambrée, Sophie, dans la caserne des cadets. Joli baiser sur la bouche bien cadré. Hélas, malgré ses excellents états de service et le prestige de ses parents, la mort de sa mère au service de la patrie, Kate doit démissionner de l’armée. Elle préfère ne pas mentir, et se revendique « gay ». Son père est fier d’elle, et qu’elle soit lesbienne ne le fait pas tiquer. Aussitôt remise d’avoir quitté Sophie, elle se fait draguer par Renée Montoya, flic aussi, qui abuse d’un contrôle d’identité. Mais cela tourne court, car après une séance au lit, comme Renée lui fait des reproches sur la vie qu’elle mène, Kate lui dit que ça vaut mieux que de vivre, comme elle, dans le mensonge, c’est-à-dire de cacher son lesbianisme. Renée la quitte. Lors d’une de ses premières missions contre un voyou, elle fait connaissance de Batman. L’épisode 7, « Il y a quatre ans », la montre plus avancée dans son entraînement, dans une intervention plus périlleuse. Son père et capitaine tente de la dissuader, mais elle rempile pour 3 années de plus d’« entrainement intensif ». Elle découvre bientôt son uniforme sexy, avec la « cape en composite nanotube, ultra solide et léger, lesté aux bouts », qui ferait un effet bœuf pour sortir en boîte ! En parallèle, elle obtient les résultats de tests sanguins qu’elle a faits pour savoir si sa sœur était sa sœur, ou si Alice était cette sœur. Comme souvent dans cet album, à force de recherches complexes sur la mise en page et l’articulation dessin / bulles, on n’est jamais sûr de bien saisir ce que veut dire le scénario. Il n’en reste pas moins un album somptueux, qui appelle des suites.

Tome 1 : Hydrologie

Ce « tome 1 » nous apprend a posteriori que le précédent constituait un tome 0. J.H. Williams III, est toujours au dessin, mais avec W. Haden Blackman et lui-même au scénario. Traduction de Thomas Davier. Si je sais lire entre les lignes, il semble que le premier volume paru chez Panini Comics ait été repris chez Urban Comics en 2012 au même prix, puis ce tome 2, Hydrologie, en 2012 également, pour la modique somme de 15 € les 144 pages, ainsi qu’un tome 3 paru en mai 2013. Dès le prologue de ce tome 1 on en apprend plus que disait le tome 1 (à moins que j’aie été inattentif) : sa mère s’appelait Gabrielle. Kate a été renvoyée de l’armée à cause de la loi « Don’t ask, don’t tell » (ce qui ne colle pas vraiment au scénario, car justement, son chef lui demande, et la soumet au dilemme de dire ou de mentir). Et on apprend le prénom de son père, Jacob. Dans le chapitre 0, un enquêteur mystérieux, qui n’est autre que Batman soi-même, l’espionne et la teste, ce qui permet de la présenter (à ceux qui n’auraient pas lu le tome 0 ?). Il note qu’elle sort en boîte et qu’elle y trouve une fille pour la nuit. Dans le chapitre 1 « Lessivage », Kate intervient contre une sorte de zombie qui s’attaque à des enfants, les enlève ou les noie. Elle se rend au commissariat, retrouve Maggie et l’invite à sortir un soir. Elle recrute sa cousine Bette comme « Bleusaille », et l’entraîne, en lui demandant d’oublier son expérience en tant que « Flamebird ». Kate ne parle plus à son père parce qu’il lui a caché que sa demi-sœur Beth avait survécu à l’assassinat de sa mère, et qu’elle était devenue Alice, noyée dans le port de Gotham. Dans le chapitre 2 « Infiltration », Kate retrouve Maggie au bar, et elles se draguent ouvertement. Maggie, contactée par le D.E.U.S., une « agence clandestine » en charge des super-héros, ne semble toujours pas avoir saisi que Kate est Batwoman. Quand elle la surprend fouillant dans son bureau, elle ne la reconnaît pas davantage. Dans le chapitre 3 « Reflux », Batwoman tombe à l’eau, attirée par sa sœur morte-vivante (on a du mal à saisir). Une scène de bataille de gangs de monstres est investiguée par les super-flics. On admire toujours la virtuosité avec laquelle sont représentés les monstres notamment à corps ou têtes d’animaux. Le chapitre 4 a un titre au lettrage illisible. Ça commence par « Est ». Flamebird est grièvement blessée par un monstre, ayant refusé de cesser de combattre, comme le lui avait conseillé Batwoman. Kate passe une nuit avec Maggie, tout en discutant de l’enquête en cours… Dans le chapitre 5 « Évapotranspiration », les membres de D.E.U.S. Identifient Kate comme Batwoman, et lui proposent un deal concurrent de celui de Batman, qu’elle accepte, pour lutter contre le cartel criminel Medusa, qui opère à Gotham, notamment contre les enfants.

La suite dans le tome 2…

- Les volumes 0 et 1 de Batwoman bénéficient du label « Isidor ».
Label Isidor HomoEdu

Lionel Labosse


Voir en ligne : L’historique de Batwoman sur Wikipédia


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