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Une bande dessinée contre l’homophobie

Le Pari, de Tito (série Tendre Banlieue)

Casterman, collection Grande Ligne, 2003, 48 p., 8,5 €.

dimanche 22 avril 2007, par Lionel Labosse

Une bande dessinée idéale pour aborder le sujet de l’homophobie au quotidien avec les plus jeunes. Tout sonne juste dans les discussions en famille, les remarques de la mère de Sandrine ou de son espiègle petit frère Marc. Quant à Raphaël, au lieu de pleurnicher, il se défend. Et il n’argumente pas qu’avec les poings, car il a également atteint un stade de connaissance de soi assez étonnant à cet âge.

Résumé

Le craquant Raphaël Tremblay arrive du Canada en pleine année scolaire, il est nouveau dans le bahut de Sonia et Sandrine. Celles-ci font un pari : laquelle sortira avec lui la première. Elles lui prêtent les cours, l’encouragent lorsqu’il se montre bon sprinter et bat le champion du lycée. Pendant un cours, Sonia est contrariée parce qu’il reprend la définition de la tolérance qu’elle avait donnée. Sandrine lui fait une déclaration, mais il dit qu’il a quelqu’un. Pendant les vacances, elle le surprend accueillant son « chum », qui a un geste tendre pour lui dans le RER. Elle le dit à Sonia, qui est rassurée sur leur charme. Le jour de la rentrée, quelqu’un a marqué au tableau « Raphaël est un pédé ». Sonia dit que ce n’est pas elle, Sandrine efface, mais quand Michaël arrive, toute la classe éclate de rire. Les deux filles se brouillent. Sonia invite Michaël pour en avoir le cœur net. Celui-ci s’explique, et raconte son parcours vers l’acceptation de soi. « Comme d’autres n’aiment pas les noirs, ou les jaunes, ou les Arabes… tout ce qui n’est pas comme eux. C’est (sic) gens-là aimeraient que tous les humains soient des clones. On serait tous identiques, là ça les rassurerait… » (p. 38) Sandrine éprouve désormais de l’amitié pour lui, ce qui entraîne au bahut des réactions de jalousie et de colères. Un petit drame s’ensuivra, et tout rentrera dans l’ordre.

Mon avis

Une bande dessinée idéale pour aborder le sujet de l’homophobie au quotidien avec les plus jeunes (on peut appliquer la célèbre formule « de 7 à 77 ans »). En effet, tout sonne juste dans les discussions en famille, les remarques de la mère de Sandrine ou de son espiègle petit frère Marc. Quant à Raphaël, au lieu de pleurnicher, il se défend. Et il n’argumente pas qu’avec les poings, car il a également atteint un stade de connaissance de soi assez étonnant à cet âge. On dirait que ses profs au Québec lui ont fait lire depuis longtemps des romans comme Requiem gai, ou qu’il a lu le Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes ! Un vent de liberté souffle d’Amérique… Par revanche (on peut plus dire « par contre » sans se faire rabrouer par les cuistres, alors…) le prof de banlieue que je suis est un peu agacé par la nonchalance avec laquelle de nombreux auteurs et éditeurs de littérature jeunesse, en dépit de la loi de 1949, montrent le copiage comme une activité naturelle de bonne camaraderie : « C’est pas grave. J’ai copié sur le devoir de Julie. J’espère qu’elle n’a pas fait trop d’erreurs » (p. 6). S’ils savaient comme on en bave, après, pour restaurer l’idée d’intégrité, d’honnêteté, de justice !

- Cet ouvrage bénéficie du label « Isidor ».
Label Isidor HomoEdu

Lionel Labosse


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