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Une expo plutôt couillue…

L’amour, comment ça va ?

Voire carrément clitorue !

mercredi 24 mai 2006, par Lionel Labosse

Pour une fois la question altersexuelle n’est pas reléguée dans un petit coin à part, mais informe la totalité de l’exposition ; d’autre part, une réflexion critique est amorcée sur le mythe du « prince charmant », et l’amour est replacé dans un contexte moins égoïste, et plus collectif. Un parcours idéal pour libérer la parole de nos élèves, leur laisser imaginer d’autres réalités que le petit couple égoïste des contes de fées.

L’amour, comment ça va ?

Tel est le titre de l’exposition que proposa la Maison de la Villette, à Paris, du 5 avril au 13 août 2006, du mercredi au dimanche de 14h à 19h. Une exposition gratuite, que l’on pouvait fréquenter à volonté, en amoureux, en solitaire, de cinq à sept, etc.
- Cette exposition invite à une réflexion sur les transformations des liens amoureux, et leurs manifestations à travers les différents contextes sociaux. Mariages, pacs, monoparentalité, homosexualité, famille, rassemblements, fêtes… sont autant de facettes d’une même question : comment faire advenir, perdurer, circuler l’énergie amoureuse tant dans l’intime que dans le collectif ?
- Le parti-pris est novateur, puisque pour une fois la question altersexuelle n’est pas reléguée dans un petit coin à part, mais informe la totalité de l’exposition ; d’autre part, une réflexion critique est amorcée sur le mythe du « prince charmant », et l’amour est replacé dans un contexte moins égoïste, et plus collectif. Les commissaires de l’exposition sont Arlette Farge, historienne, et Rose-Marie Lagrave, sociologue. Arlette Farge remarque que l’amour « n’a quasiment jamais été pris comme objet d’étude en soi ». Elle ajoute qu’au XVIIIe siècle, « un homme et une femme vivaient au maximum trois ou quatre ans ensemble. Guerres, épidémies, morts en couche… La vie était une succession de veuvages et de remariages. Le couple n’a jamais, jusqu’à aujourd’hui, existé dans sa longévité ». Rose-Marie Lagrave, citant François de Singly, remarque : « ce qu’on croit le plus souvent dû au coup de foudre est, en fait, déterminé par des questions de classes sociales. On aime le même, et non le différent : celui qui nous ressemble ». Elle ne croit pas en l’amour, mais plutôt en la fraternité ou « sororité ».

- On flânera donc dans les différents espaces de l’exposition : « Il pleut des pierres sur l’amour », qui examine l’influence du social sur les élans amoureux ; « Tisser de l’altérité », qui retrace les luttes féministes d’hier et d’aujourd’hui ; « De l’amour à la subversion », qui explore les nouvelles manières de vivre la sexualité, le couple, la famille, notamment depuis le traumatisme du sida. Une excellente occasion de libérer la parole de nos élèves, de les laisser s’aimanter à tel ou tel aspect, et de leur permettre d’exprimer leurs émotions.
- Au hasard de l’exposition, deux panneaux m’ont particulièrement touché. Le reportage de la photographe Frédérique Jouval sur l’association néerlandaise SAR, qui « met en relation des handicapés physiques et des personnes qui font avec eux l’amour. » Ce reportage m’a rappelé ce beau film sur le même sujet : Dance me to my song. Il s’agit là aussi d’altersexualité. Quant au panneau du Patchwork des Noms, devant lequel on se retrouve au détour de l’expo, que dire ? Les déploiements du Patchwork sont devenus rares, mais ceux qui ont vécu cette époque — il se trouve que j’avais participé aux premiers pas de cette association — ne peuvent se retrouver devant ces panneaux sans une vive émotion, laquelle vaudrait peut-être plus d’information que la simple étiquette « œuvre collective ». Rappelons qu’il s’agit d’un substitut de sépulture sous la forme d’un rectangle de tissu, imaginé à une époque où trop souvent les amis de disparus se voyaient privés de cérémonie par une famille homophobe. Quel meilleur exemple de l’inscription sociale du lien amoureux que cette belle exposition veut manifester ? Si j’avais une suggestion à faire aux organisateurs, ce serait de mettre à disposition des chandelles, conformément à la tradition des déploiements du Patchwork, et que toujours une chandelle soit allumée.

- Un excellent dossier pédagogique établi à partir des programmes scolaires n’est malheureusement plus disponible sur Internet. Ne restent comme traces que des articles. Dommage !

Lionel Labosse


Voir en ligne : Un article sur l’expo sur regards.fr


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