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Cannabis et policiers molestés : aucun rapport évidemment.

mardi 2 janvier 2018

Le 2 janvier 2018, deux informations étaient en une du Monde : « En Californie, l’excitation au premier jour de la légalisation de la marijuana », et un fait divers récurrent sur l’agression rituelle de policiers en France par des bandes ethniques de voyous. Si j’ai entendu sur une radio du service public un bref sujet sur la première info, nul à chier, truffé de plaisanteries du journaleux inviteur qui ne laissait pas ses invités développer leur propos par ailleurs intéressant (car traiter du cannabis ne peut se faire que sur le ton de la plaisanterie), aucun journaliste à ma connaissance n’a fait le lien avec la 2e info. Pourtant la dernière phrase de l’article du Monde ci-dessus me troue le cul : « La mairie de San Francisco et même la police sont favorables à cette industrie en plein boom, qui devrait rapporter 5,8 milliards de dollars d’ici 2021 en Californie d’après le cabinet d’études Arcview. » Pour rappel, la Californie est sans doute l’État du monde à l’économie la plus prospère, et ne compte que 40 millions d’habitants, des gens forcément très bêtes et très méchants, puisqu’ils ont inventé Google et Cie. Pour la France, qui en compte plus de 60, le rapport potentiel d’une telle décision pourrait donc être proportionnellement de 8,7 milliards de dollars. Mais n’en parlons surtout pas : les politicards français sont unanimes : on ne doit même pas avoir le droit d’ouvrir le débat. Macron, tout au plus, promet la contraventionnalisation, ce qui est une première étape, et nous ne cracherons pas dessus. Mais quel concours d’hypocrisie ! Ces 8,7 milliards de dollars, dans quelles poches, d’après vous, ruissellent-ils, en attendant ? À qui profite le crime ? Ouh là ! De quoi vous mêlez-vous ? Laissons aux éditocrates le soin de traiter l’affaire, à coups de plaisanteries bien senties, sur les ondes autorisées… Et que les policiers continuent à subir ces violences qui sont pourtant, tout le monde le sait, à 90 % liées au trafic et à la consommation de cannabis… Et puis s’ils ne s’occupaient plus de la chasse au cannabis, les policiers risqueraient de s’occuper de trafics plus gênants, non ?
Je ne dis pas, bien entendu, que les flics se font taper dessus par des voyous à cause du cannabis. Je dis que ces voyous sont tous sans exception, depuis leur adolescence, consommateurs sinon dealers de cannabis, et habitués au quotidien à subir de ce fait, en plus des autres faits, des rapports plus que déplaisants avec les flics, qui, par la répétition, se tournent en rituels, sont détournés de leur sens, et constituent au fil des années une école du mépris et de la dérision, d’autant plus dommageable qu’elle solidarise l’immense masse des consommateurs au petit nombre des dealers. Il y a des petites gouttes qui font déborder les vases, certes, mais on peut aussi voir ce qui, avant ces ultimes gouttes, remplit les vases… Si l’on supprimait ces centaines de milliers de contrôles humiliants liés seulement au cannabis, peut-être éviterait-on l’accumulation des grosses gouttes du fond du vase… La dépénalisation du cannabis ne va pas supprimer la délinquance ethnique urbaine, mais si personne ne sait dans quelle proportion, cela, entre autres précieux avantages, contribuerait à dégonfler la baudruche.
- Lire cet article sur un blog de Médiapart).
- Lire cet article du Monde sur l’état légal du cannabis au 1er janvier 2018.

Lionel Labosse


Voir en ligne : En Californie, l’excitation au premier jour de la légalisation de la marijuana